Organisation
Organisation
La protection de la population se base sur la loi fédérale sur la protection de la population et sur la protection civile (LPPCi) du 20 décembre 2019 (entrée en vigueur le 1er janvier 2021) ainsi que la loi cantonale sur la protection de la population (LProtPop) du 18 décembre 2024 (entrée en vigueur le 1er juillet 2025).
La protection de la population sert à:
- identifier et prévenir les dangers naturels, techniques et sociétaux;
- coordonner l'engagement des partenaires de la protection de la population lors de situations particulières et extraordinaires afin de protéger, sauver, aider la population et maintenir ses bases d'existence;
- assurer la remise en état à la suite de la survenance d'une situation particulière ou extraordinaire.
Compétences
La protection de la population repose sur un système fédéraliste à responsabilités partagées. Les cantons, en collaboration avec les communes, organisent le système coordonné en fonction des besoins. Certaines tâches sont cependant du ressort de la Confédération (ex: radioactivité, conflit armé).
Missions
La protection de la population vise à protéger, sauver et aider la population et ses bases d’existence, en coordonnant les partenaires concernés afin de prévenir, préparer, gérer et surmonter les situations particulières et extraordinaires ainsi que les catastrophes. C’est ainsi qu’elle:
- assure la gestion des risques et la planification préalable;
- tient à jour la base de données nécessaire à la gestion des places protégées;
- effectue l'attribution primaire des places protégées;
- gère le dispositif cantonal d'alerte, d'alarme et d'information;
- assure le secrétariat de l'Observatoire cantonal des risques (OCRI) et de l'État-major cantonal de protection de la population (EMCP).
Collaboration à tous les niveaux [intertitre]
La protection de la population garantit la coopération entre les cinq organisations partenaires:
- la police;
- les services de défense incendie et de secours;
- les services de la santé publique;
- la protection civile;
- les services techniques de l'Etat et des communes.
Police
La police est un moyen de première intervention. Elle est responsable du maintien de l'ordre, de la sécurité et de l'enquête. Les moyens nécessaires sont constitués par les corps de police cantonaux et communaux. Des moyens d'autres organisations (ex: sapeurs-pompiers, protection civile) peuvent être appelés en renfort en cas de surcharge momentanée ou lors d'une intervention de longue durée.
Services de défense incendie et de secours
Les sapeurs-pompiers constituent un moyen de première intervention. Les sapeurs-pompiers sont chargés du sauvetage de personnes et d'animaux, de la défense incendie et contre les forces de la nature. Ils ont en outre pour tâche d'intervenir en cas d'accidents particuliers, notamment lors de fuites de produits toxiques ou d'hydrocarbures, ou en présence de produits radioactifs. Des moyens d'autres organisations (ex: protection civile) peuvent être appelés en renfort en cas de surcharge momentanée ou lors d'une intervention de longue durée.
Services de la santé publique
Les premiers secours constituent un moyen de première intervention. Les services de la santé publique fournissent des prestations, essentiellement de nature médicale, à la population et aux services d'intervention. Ces prestations comprennent également les mesures prises à titre préventif et le soutien psychologique. Des moyens d'autres organisations (ex: protection civile) peuvent être appelés en renfort, notamment en cas de surcharge momentanée.
Protection civile
La protection civile est avant tout un moyen d'intervention du deuxième échelon. Elle est responsable de la disponibilité de l'infrastructure de protection et des moyens d'alarme, de l'assistance aux personnes en quête de protection et aux sans-abris ainsi que de la protection des biens culturels. A l’engagement, elle appuie les organisations partenaires, notamment lors d'interventions de longue durée. Ses contributions se limitent cependant à des tâches qui n'exigent pas d'être armé, par exemple la régulation du trafic pour la police ou la logistique (approvisionnement) pour les sapeurs-pompiers. En outre, elle effectue des travaux de remise en état et renforce l'aide à la conduite ainsi que la logistique.
Services techniques
Sous la bannière des services techniques sont regroupés notamment les fournisseurs d'eau et d'énergie, les transports publics, ainsi que des entreprises de droit public. Sur la base de leurs cahiers des charges, ils assurent le fonctionnement de leurs installations. Ils veillent à l'approvisionnement en eau, gaz et électricité, à la disponibilité des voies de communication et des installations de télématique. Après un événement, ils rétablissent le fonctionnement normal de toutes les infrastructures selon les mesures prises par les autorités. Les services techniques accomplissent leurs tâches sous leur propre responsabilité. Ils prennent les mesures nécessaires, fournissent le personnel, l'équipement et le matériel nécessaires.
D'autres services et organisations peuvent être tenus de collaborer à l'appréhension des dangers, à la gestion des risques et à la conduite des interventions. Ainsi, la protection de la population travaille en étroite collaboration avec les services de l’administration cantonale et communale.
Chaîne de commandement intégrée
La protection de la population s’articule autour d’une chaîne de commandement intégrée, qui relie l’ensemble des instances chargées de la planification et de la conduite d’une intervention. Elle vise à assurer, en toute situation, un échange efficace d’informations et une prise de décision coordonnée entre les partenaires concernés, à garantir une conduite intégrée des interventions à tous les niveaux et avec tous les acteurs impliqués, ainsi qu’à gérer sur la durée le processus de remise en état et le retour à la normale.
L’État-major cantonal de protection de la population (EMCP), les bureaux communaux de liaison de la protection de la population, les préfectures ainsi que les états-majors, les commandements ou organes de conduite des organisations partenaires font partie intégrante de cette chaîne.
Observatoire cantonal des risques (OCRI)
L’Observatoire cantonal des risques (OCRI) est un élément central du dispositif fribourgeois de protection de la population, chargé de fournir une vision globale et actualisée des dangers pouvant affecter la société et ses infrastructures. Il s’inscrit dans une approche systématique de gestion des risques, qui comprend leur identification, leur analyse, leur prévention et la préparation des interventions.
Sa mission principale consiste à recenser et analyser les risques naturels, techniques ou sociétaux, afin d’établir un catalogue des dangers à l’échelle cantonale. Cette démarche constitue la base de toute action en matière de protection de la population, car un risque non identifié ne peut faire l’objet de mesures adéquates. L’OCRI permet ainsi de transformer des informations dispersées en connaissances utiles pour les autorités. Il renforce la capacité du canton à anticiper, à se préparer et à réagir efficacement face aux crises, dans une logique coordonnée et proactive.
Analyse des risques
Le processus de la gestion intégrée des risques (voir image ci-dessous) permet de gérer toute situation extraordinaire. La protection de la population utilise également ce processus, dont la partie principale est l'analyse des risques.
Différents dangers peuvent être les causes de catastrophes, de situations d’urgence et de conflits armés. Les catastrophes, les situations d’urgence et les conflits armés sont caractérisés par les effets dévastateurs et catastrophiques de l’événement. L’effet et en conséquence l’ampleur des dommages sont essentiellement dépendants du potentiel de dommages effectifs et de la capacité de destruction de l’événement.
Les thèmes à examiner dans l'analyse des risques sont d’une part les dangers (causes) et d’autre part les gros potentiels de dommages (effets). Le fonctionnement d’un Etat moderne et de son économie est fortement dépendant des faiblesses du système, respectivement de ses infrastructures critiques.
Les dangers sont subdivisés en 3 catégories principales, dont les limites entre les catégories ne sont pas absolues:
- Les dangers naturels: événements et influences naturels qui peuvent être dommageables pour l’homme et les objets
- Les dangers techniques: dysfonctionnement de la technique en raison d’erreurs de dimensionnement, d’erreurs de manipulation, manquements dans l'entretien et les contrôles, etc.
- Les dangers de société: dangers qui ont leur origine dans des conflits interhumains
L'analyse des risques décrit et quantifie les risques, du double point de vue de leur fréquence d'occurrence et de l'ampleur des dommages à laquelle il faut s'attendre.
Dangers naturels
Les dangers naturels sont toutes sources potentielles de dommage, de préjudice ou d'effet nocif à l'égard de choses ou de personnes dues aux forces de la nature.
Les dangers naturels varient d’une région à une autre en fonction des sols, des sous-sols, du relief ou encore du climat. Pour le Canton de Fribourg, les dangers suivant ont été retenus lors de l’analyse des risques:
- tremblements de terre
- crues
- ouragans
- grands froids
- fortes chutes de neige
- sécheresse
- canicule
- epizooties
- pandémie
Dangers techniques
Les dangers techniques retenus dans l'analyse des risques sont les suivants:
- Barrages
- Élévation de la radioactivité
- Installations stationnaires
- Transports
- Grands incendies
- Pannes de réseau électrique
- Rupture des infrastructures d'information
Dangers de société
Les dangers de société retenus dans l'analyse des risques sont les suivants: