Retour
Installations stationnaires
Installations stationnaires © 2018 Tous droits réservés - www.pixabay.com

Installations stationnaires

Installations stationnaires
Installations stationnaires © 2018 Tous droits réservés - www.pixabay.com

Dangers techniques: Installations stationnaires

Présentation

Les accidents majeurs peuvent se produire lors de l'exploitation d'installations présentant un potentiel de danger chimique ou biologique. En Suisse, la protection de la population et de l'environnement contre les graves dommages qui peuvent en résulter se fonde sur l'ordonnance sur les accidents majeurs (OPAM).

Dans cette optique, les installations représentant un risque par la nature et la quantité de produits dangereux utilisés sont répertoriées. Par la suite, des mesures passives, actives et organisationnelles sont imposées pour réduire les risques.

  • Mesures passives (mesures constructives, sans intervention humaine): bassins de rétention des produits chimiques, murs coupe-feu, diminution des quantités stockées…
  • Mesures actives (avec intervention humaine): fermeture manuelle de vannes…
  • Mesures organisationnelles: formation de spécialistes, plan d’intervention, plan d’alarme…


Dangers

En fonction de la nature de l’installation, les dangers peuvent être plus au moins important. Il s’agit avant tout de dangers pour la population et l’environnement qui se traduiraient par:

  • Explosion, incendies
  • Intoxication
  • Contamination chimique ou bactériologique de la population
  • Contamination chimique des sols et des eaux

Définitions

Installations stationnaires
Il s’agit d’installations (entreprises, conduites, ….) qui présentent un risque au sens de l’OPAM. Dans le canton de Fribourg, en 2011, 110 installations sont assujetties à l’OPAM.

OPAM
Ordonnance sur la protection contre les accidents majeurs (RS 814.012).

Compétences

Les exploitants d’installations utilisant des produits chimiques ou biologiques ont l’obligation de vérifier si, en fonction des produits utilisés et de seuils quantitatifs, ils sont soumis à l’OPAM. Par exemple une entreprise stockant 200'000 kg d’essence ou 2'000 kg d’acide sulfurique (concentration supérieur à 15%) serait soumise à l’OPAM.

Dans ce cas, l’entreprise doit, afin de réduire le danger potentiel, d'empêcher les accidents majeurs et d'en limiter les conséquences, le détenteur doit prendre toutes les mesures de sécurité adéquates. Sont considérées comme telles, les mesures disponibles selon l'état de la technique et conformes à l'expérience.

Le détenteur est également invité à passer en revue, dans son rapport succinct, les dangers potentiels de son installation, d'indiquer quelles substances dangereuses sont utilisées et leurs quantités, et de faire état des mesures de sécurité existantes. Il doit en outre évaluer l'ampleur des dommages que pourraient subir la population et l'environnement à la suite d'un accident majeur. Si l'ampleur des dommages prévisibles est suffisamment faible aux yeux de l'autorité d'exécution, celle-ci clôt la procédure. Dans le cas contraire, il faut passer à la seconde étape qui est la production d'une étude de risque.

Le détenteur qui procède à une étude de risque est tenu d'exposer non seulement l'ampleur, mais aussi la probabilité d'occurrence d'un accident majeur et d'expliquer jusqu'à quel point les mesures de sécurité déjà prises sont à même de le prévenir ou d'en limiter les conséquences.

Les autorités se fondent sur l'étude présentée pour décider si le risque est acceptable. Si ce n'est pas le cas, elles ordonnent des mesures supplémentaires, qui peuvent aller jusqu'à restreindre ou même interdire l'exploitation de l'entreprise.

Exemples historiques

2005, Buncefield (Grande-Bretagne)
Le 11 décembre 2005 une série de trois explosions sont survenues dans le dépôt de carburant de Buncefield, à une quarantaine de kilomètres au nord de Londres. Ces explosions ont déclenché plusieurs incendies très importants risquant de s'étendre sur les autres 20 cuves du site. Les flammes se sont élevées haut dans le ciel et un épais nuage de fumée noir a obscurci la région.
Pour maîtriser l'incendie, 180 sapeurs-pompiers appartenant à 16 brigades ont été mobilisés. Ils ont déclaré avoir maîtrisé l’incendie le 13 décembre; seules quelques flaques de pétrole sur le sol restaient à éteindre.
Au total, quarante-trois personnes ont été blessées à la suite de la catastrophe, dont deux dans un état grave. Environ 2'000 personnes habitant à proximité ont été évacuées immédiatement peu après le début de la catastrophe de peur de nouvelles explosions.

2001, Toulouse (France)
Une explosion de plus de 300 tonnes d’engrais à base de nitrate d’ammonium, dans un entrepôt d’une usine chimique provoque 29 morts et plus de 2'000 blessés ainsi que des destructions de maisons dans un rayon de plusieurs kilomètres.

2000, Enschede (Pays-Bas)
Suite à un incendie, déclenchement l’explosion de 10 tonnes de feux d’artifices dans une fabrique de feux d’artifices, 22 personnes perdent la vie et beaucoup d’autres sont blessées. 400 maisons sont détruites dans les environs de l’usine.

1986, Schweizerhalle (Suisse)
Un incendie dans un entrepôt d’une usine chimique (environ 1'250 t d’engrais chimique) occasionne une contamination considérable du Rhin et du sol avec des atteintes dans un très large périmètre. Dans la région de Bâle, des milliers de personnes ont été alarmées. Pas de morts ni de blessés, mais un écho massif dans la presse ainsi que des conséquences politiques importantes, c’est d’ailleurs à la suite de cet événement que l’OPAM a été rédigée. Dommages matériels > 100 millions.

Recommandations de comportement

Si vous êtes habitant d’une zone à risque à proximité:

  • Respecter les consignes de confinement, c’est-à-dire: boucher toutes les entrées d’air (portes, fenêtres, aérations…), arrêter la ventilation et la climatisation, supprimer toute flamme ou étincelle
  • Ne pas chercher à rejoindre les membres de sa famille s’ils sont à l’extérieur
  • Éviter de téléphoner pour laisser les secours disposer au mieux des réseaux
  • Allumer la radio et ne sortir qu’en fin d’alerte ou sur ordre d’évacuation

A la fin de l’alerte:

  • Aérer le local ayant été utilisé pour la mise à l’abri

Actualités liées