Démarrer du bon pied
L’objectif principal durant les premières heures de vie du veau est de lui transférer une immunité passive. Pour cela, plusieurs principes clés sont à retenir :
- Rapidité : administration dans les 4 premières heures de vie ;
- Qualité : > 22 % BRIX ce qui correspond à > 56 g d’IgG (=immunoglobulines G=anticorps) / l ;
- Quantité : entre 2 et 3,5 l sont recommandés selon la qualité ;
- Propreté : tout ce qui entre en contact avec le colostrum et le veau doit être propre (les mains également !).
Nous recommandons de congeler le colostrum, avec > 22% BRIX, dans des sachets de congélation, afin d’accélérer le processus de décongélation. Il est important de noter la date, le nom/numéro de la vache ainsi que la qualité. Pour le dégeler, utilisez un bain-marie car une eau trop chaude déformerait les anticorps, ce qui les rendrait inefficaces.Le lait de transition, aussi appelé lait de vêlage (2 à 4 jours post partum), améliore le développement intestinal du veau et sa capacité d’absorption. On observe + 3 kg de poids vif au sevrage.
Passer de petit fromager à ruminant
Pour un sevrage réussi, il est conseillé de réduire progressivement le lait sur une période d’au moins 3 semaines, par tranche de 2 kg. Le but est de favoriser la consommation d’aliment et de préparer la panse à sa future alimentation. Dans le cas contraire, la valorisation de l’alimentation post-sevrage est pénalisée, car la capacité d’absorption des nutriments est réduite. Il faut affourager des fibres pour garantir un bon volume de panse, mais en quantité progressive. En effet, durant les premières semaines du sevrage, le veau n’est pas capable de les digérer de manière efficace. Si trop de fibres digestibles passent dans le rumen, il existe un risque d’acidose intestinale, engendrant des diarrhées et une perte de croissance. Comme moyen de contrôle de la bonne préparation de la panse, la mesure de bêta-OH (BHB) dans le sang peut être utilisée. Un taux de BHB supérieur à 0,3 mmol/l reflète une maturité de la flore du rumen. Un taux inférieur révèle une panse pas assez préparée aux aliments solides et donc pas prête au sevrage. Cette mesure devrait être effectuée durant la dernière semaine lactée pour aider à la décision du moment du sevrage.
Du sevrage au vêlage
L’apport énergétique entre le 3ème et le 10ème mois de vie (GMQ max. 900 g/j) ainsi que lors du dernier tiers de la gestation (GMQ max. 1’000 g/j) ne doit pas être trop important afin de garantir un bon développement de la mamelle. En effet, durant ces phases, la mamelle grandit plus que les autres organes et une trop haute densité énergétique favorise le développement de tissus gras au détriment des cellules sécrétrices de lait. Une croissance précoce, avec une alimentation optimale avant le sevrage, est préférable à une croissance compensatrice pendant ces périodes cruciales.Durant la puberté, du 9ème mois à environ 15 mois, une croissance compensatrice est possible.Dès 6 mois de vie, une complémentation minérale de zinc, iode, cuivre et manganèse est souhaitée afin de renforcer les onglons. Ceci prévient le risque d’infection et limite l’apparition de Mortellaro après le vêlage.
Pour la planification de l’insémination, il est préférable de tenir compte du poids plutôt que de l’âge. Garantir un poids suffisant lors de l’IA permettra à la génisse d’investir plus d’énergie dans le lait et moins dans sa croissance. Une génisse inséminée au bon poids aura une meilleure efficacité alimentaire comme elle produira plus de lait en ingérant la même quantité qu’une primipare avec un plus grand besoin en croissance. Dans l’idéal, il faudrait atteindre :
- Au vêlage : 85 % du poids adulte (= moyenne du poids des vaches en3-5 lactations) ;
- Au pic de lactation : 78 % du pic de lactation des multipares.
Pour développer le rumen et préparer la génisse au vêlage, nous recommandons de les intégrer aux taries dès 60 j avant vêlage (min. 30 j). Comme chez les taries, la densité énergétique de la ration devrait être limitée afin d’éviter l’engraissement en fin de gestation. Cela peut se contrôler avec le BCS. L’observation du gras du fanon permet en plus d’estimer le gras interne.
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