Approvisionnement en eau des alpages
Les sécheresses répétées de ces derniers étés ont contraint de nombreux exploitants d’alpage à faire appel à des transports d'eau par hélicoptère ou par la route pour garantir l’approvisionnement en eau du bétail estivé. Pour permettre de le garder en montagne et ainsi délester les exploitations de plaine, il est important d’améliorer l’approvisionnement en eau des alpages.
Celui-ci peut reposer sur différentes sources : captages, cours d'eau, raccordement aux réseaux d'eau publics ou privés, stockage et récupération des eaux de pluie et de fonte de neige, etc. Dans de nombreux alpages, les infrastructures d’adduction d’eau sont vétustes et inadaptées aux conditions climatiques actuelles. Leur remplacement ou l’installation de nouveaux équipements est nécessaire pour améliorer l’approvisionnement en eau durant la saison sèche.
La nouvelle ordonnance permet désormais de soutenir la réalisation de petits projets d’amélioration foncière liés à l’approvisionnement en eau des alpages, qui apportent une réelle plus-value à la couverture des besoins, par exemple l’installation d’un nouveau réservoir. L’entretien ordinaire et courant d’infrastructures existantes n’est pas couvert par cette mesure.
Si les projets d’envergure, bénéficiant d’aides fédérales, requièrent généralement de passer par plusieurs étapes administratives, la présente ordonnance permet de subventionner des projets caractérisés par des montants d’investissement modérés, avec une entrée en matière possible à partir d’un montant de coûts subventionnables de 5’000 francs et un taux maximal de subvention de 50 %, plafonné à 20'000 francs par cas.
Amélioration du climat d’étable
Afin d’améliorer le climat d’étable (température/humidité relative) et d’atténuer ainsi le stress thermique des animaux, une contribution peut maintenant être octroyée pour les installations ou équipements suivants :
- Aération : système d’ouverture favorisant l’aération (parois modulables, cloisons gonflables, volets mobiles) ;
- Ventilation : ventilateur fixe avec ou sans systèmes à manchons d’air pulsé ;
- Brassage de l’air : ventilateur horizontal de type « hélicoptère » ;
- Brumisation : installation à haute pression ;
- Toile d’ombrage pour courettes ou pour niches à veaux ;
- Cool Pad : refroidissement de l’air au travers d’un circuit d’eau.
Des nouvelles technologies peuvent venir compléter cette liste. Le soutien se monte à 20 % des coûts subventionnables, toutefois plafonné à 5'000 francs par exploitation agricole. Si le devis des coûts subventionnables n'atteint pas 2'500 francs, aucune contribution n'est versée.
Acquisition de Raindancer
La technologie Raindancer permet un pilotage de l’irrigation au canon par géolocalisation. Les données d’une balise GPS, alimentée par un panneau solaire, et d’un capteur de pression sont consultables sur smartphone. En fonction des besoins d’irrigation et des particularités de la parcelle, le système calcule la vitesse d’avancement de l’enrouleur, la pression et la largeur de travail.
Les avantages de ce système sont multiples. Il améliore l’efficience de l’irrigation en évitant le gaspillage (par exemple une double irrigation ou l’arrosage en dehors des parcelles) mais facilite aussi l’utilisation des installations d’arrosage, car il permet un contrôle à distance et en temps réel, incluant des alertes en cas de dysfonctionnement. Il réduit également l’impact négatif de l’irrigation sur les sols en évitant, par exemple, le surdosage des apports d’eau.
Le soutien proposé s’élève à 50 % des coûts d’acquisition d’un Raindancer neuf, plafonné à 2'500 francs par canon. Les bénéficiaires de cette contributions doivent s’engager à installer sur une de leurs parcelles irriguées un capteur d’humidité du sol (sonde capacitative) connecté au réseau « reseaudirrigation.ch ».
Récupérateur de chaleur sous toiture (RCST)
Les récupérateurs de chaleur sous toiture existent depuis plusieurs années et leur efficacité n’est plus à prouver. Le but de ces installations est d’accélérer le séchage, d’économiser de l’énergie et de limiter les pertes de conservation. Rapportée à l’unité de surface, la puissance des RCST est d’environ 350 Watt/m2, ce qui permet d’accélérer sensiblement le séchage du foin. Les RCST permettent de rentrer un fourrage légèrement plus humide (taux de matière sèche de 65 % au lieu de 75 %) et ainsi d'économiser un passage de pirouette, ce qui se traduit par une diminution de la consommation de diesel.
Le récupérateur de chaleur d’une exploitation disposant d’un séchoir d’environ 1500 m3, permettra une économie de plus de 29'000 kWh par année, soit environ 4 t de CO2.Actuellement, une prime unique de CHF 5'000.- est versée pour toute nouvelle installation.
Récupérateur de chaleur sous toiture – Poursuite du soutien lors de la construction
Comme l’année passée, le canton de Fribourg maintient son soutien à la construction de récupérateurs de chaleur sous toiture et sous panneaux photovoltaïques. Cette action peut être poursuivie grâce à un fonds du Plan Climat, à hauteur de 5’000 francs par projet. Grangeneuve coordonne la mesure.
Contribution pour les cultures de légumineuses à graines destinées à l’alimentation humaine
Les comportements alimentaires de la population évoluent et les denrées à base de protéines végétales ont le vent en poupe. Elles remplacent parfois la viande dans nos menus et ont une empreinte carbone moindre que les protéines d’origine animale. Les matières premières utilisées, par exemple pour la confection de tofus, houmous, falafel ou une simple salade de pois chiches, sont majoritairement importées alors qu’elles pourraient être produites en Suisse. Différentes institutions s’engagent dans le suivi des techniques de production (Netzwerk Protein Strickhof) ou de mise en valeur de la matière première (Protaneo).
Depuis 2024 les exploitations productrices du canton peuvent bénéficier d’une contribution supplémentaire de CHF 400.-/ha de culture de légumineuses à graines destinées à l’alimentation humaine. Les principales cultures concernées sont : le soja, les pois protéagineux, les pois chiches, les lentilles, le lupin, les haricots ou la féverole. Les personnes intéressées peuvent s'inscrire via GELAN lors du recensement.
Vous trouverez également de plus amples informations relatives à ces cultures sous swiss.legumehub.eu
Diagnostic carbone : ClimaCert
Dans le cadre de la recherche de solutions pour aider les exploitations à améliorer leur bilan de gaz à effet de serre (GES) et la fertilité des sols, le Plan Climat Agriculture s’est intéressé à la procédure ClimaCert développée par AgroImpact.
Elle vise d’abord à établir un diagnostic des émissions de CO2 des exploitations agricoles, puis à élaborer un plan d'action pour réduire leur empreinte climatique tout en optimisant la fertilité des sols. Des mesures telles que l’augmentation du taux de matière organique, l’amélioration de la couverture végétale ou la réduction du travail du sol permettent aux aux agriculteurs et agricultrices de renforcer la capacité des sols à séquestrer du dioxyde de carbone (CO2).À moyen terme, les exploitations agricoles verront leurs efforts récompensés par des primes versées par différents acteurs du marché participant à l'initiative. Dans le cadre du Plan climat cantonal, l’Etat de Fribourg soutient les exploitations agricoles durant la phase pilote en prenant en charge 50 % des coûts liés à la procédure ClimaCert.
AgroImpact, dont Agri Fribourg est membre fondateur, a été créée pour répondre à la volonté des cantons romands de soutenir les exploitations agricoles dans leur adaptation au changement climatique. En s'appuyant sur les principes du développement durable et de la responsabilité environnementale, AgroImpact se consacre à la promotion et à la mise en œuvre concrète de la décarbonation des pratiques agricoles. L'institution privilégie des mesures pragmatiques et efficaces, adaptées aux spécificités de chaque exploitation, tout en garantissant leur viabilité économique.
Pour plus d’information : ACCUEIL - AgroImpact