01 Décembre 2021 - 14H59

A la suite du premier Baromètre de l’égalité de 2018, la Conférence suisse des délégué·e·s à l’égalité (CSDE) présente un deuxième Baromètre consacré à l’activité lucrative et le travail de care non-rémunéré. Les personnes sondées ont évalué le degré de réalisation de l’égalité de manière nettement plus critique qu’il y a trois ans. Elles relèvent en outre toujours des lacunes en termes d’égalité dans les domaines de la famille et du travail.
Baromètre de l'égalité 2021 - idées
Vergrössern Baromètre de l'égalité 2021 - idées © Etat de Fribourg - Staat Freiburg - CSDE
Baromètre de l'égalité 2021 - idées

Le Baromètre de l’égalité 2021 de la Conférence suisse des délégué·e·s à l’égalité (CSDE) montre à quel point les souhaits en termes de conciliation de l’activité rémunérée et du travail familial et domestique sont éloignés de la réalité. Manifestement, le bât blesse.

L’enquête représentative en ligne, mandatée par la CSDE, a été réalisée en avril 2021 par la Haute Ecole Spécialisée de Lucerne – Travail social en collaboration avec gfs-bern. 2445 personnes de 18 à 65 ans provenant de la Suisse entière ont été consultées. Du fait de la pondération des données, l’échantillon est représentatif des différents types de ménages des sept grandes régions.

Les principaux résultats du Baromètre de l’égalité 2021 :

  • Pour la large majorité des personnes interrogées, l’égalité entre femmes et hommes dans la famille, la formation et le travail, telle que consacrée par la Constitution fédérale, n’est pas acquise. Le statut de l’égalité est moins bien évalué qu’il y a trois ans, en particulier dans les domaines de la famille, du travail et de la politique. Les femmes sont nettement plus critiques que les hommes.
  • La majeure partie des personnes consultées a conscience que les femmes effectuent davantage de travail de care non-rémunéré que les hommes.
  • Ce sont en particulier les femmes qui prennent simultanément en charge des enfants et des proches nécessitant des soins, ainsi que les mères et les pères à la tête d’un ménage monoparental qui estiment que la conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée est difficile.
  • En termes de modèle de travail privilégié, la majorité des personnes consultées souhaite que les deux parents travaillent à temps partiel. Seul·e·s 10 % des hommes et 11 % des femmes plébiscitent le modèle traditionnel du soutien de famille (l’homme travaille à plein temps, la femme reste à la maison).
  • La pandémie de Coronavirus a alourdi les charges de travail préexistantes. Indépendamment du type de ménage, les femmes sont plus fortement mises à l’épreuve. Les personnes interrogées évaluent donc très prudemment la possibilité d’un effet positif à long terme de la pandémie de Coronavirus sur l’activité professionnelle et le travail de care non rémunéré.
  • Une nette majorité des personnes consultées souhaite pouvoir bénéficier du job sharing, du temps partiel, de la réduction du taux d’occupation à tous les échelons hiérarchiques et des horaires flexibles. L’adhésion est encore plus large en ce qui concerne les mesures relatives aux mêmes opportunités de carrières et à l’égalité salariale entre femmes et hommes.
  • 40 % des participant-e-s ont fait part, pour leur propre situation, de leurs attentes en matière de travail de care qui consistent en un «partage des tâches entre partenaires», «plus de temps» et une «valorisation sociétale».
  • Les personnes consultées ont proposé un large éventail de mesures, tant au niveau politique, économique que sociétal, pour faire évoluer l’égalité entre les sexes en matière de travail de care.

L’égalité des sexes est très importante pour la population. Outre le Baromètre de l’égalité 2021, c’est ce qu’établissent aussi d’autres enquêtes nationales, à l’instar du Baromètre « conditions de travail 2021 » de Travail Suisse. L’égalité dans les faits n’est pas ‘à bien plaire ‘. Le respect du mandat constitutionnel de l’égalité effective relève de la responsabilité collective de la politique, de l’économie et de la société.