Conseils pour prévenir les piqûres de tiques
Les tiques vivent principalement dans des endroits moyennement humides. On pense spontanément aux sous-bois et à la campagne, mais elles sévissent aussi en ville, dans les espaces végétalisés et les jardins privés. On les trouve jusqu’à 2000 m d’altitude. L’ensemble de la Suisse, à l’exception du canton du Tessin, est considérée comme zone à risque.
Le risque d’exposition est lié à l’activité professionnelle (agriculture, foresterie, etc.) et aux loisirs pratiqués en plein air. Pour ne pas se faire piquer, il est conseillé d’appliquer un produit répulsif et de porter des vêtements couvrants, de couleur claire et des chaussures fermées. Enfiler les bas de pantalon dans les chaussettes évite que les tiques ne puissent remonter à l’intérieur des vêtements. Couvrir la tête des enfants qui sont plus à risque en raison de leur taille (les tiques ne tombent pas des arbres, mais vivent au sol) et de rester sur des sentiers tracés.
Enlever une tique rapidement réduit le risque de transmission de maladies
De retour à la maison, il est conseillé d’examiner les habits et la peau, ainsi que le cuir chevelu en particulier chez les enfants, et de vérifier les animaux domestiques. Si la tique est enlevée dans les 48 heures, le risque de transmission de maladies est faible. Pour l’enlever il suffit d’utiliser une pincette, une pince à tique ou une carte, et de saisir la tique le plus près de la peau et de tirer fortement. Si une partie de la tête reste accrochée, il n’est pas nécessaire d’insister, car elle tombera toute seule. Il faut désinfecter après avoir enlevé la tique, pas avant. Il est important de noter la date de la piqûre de tique dans un calendrier.
Borréliose et encéphalite à tiques
En Suisse, les principales maladies infectieuses transmises par les tiques sont la borréliose et l’encéphalite à tiques, ou méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE). Les autres maladies, telle que la tularémie, sont plus rares en Suisse.
La borréliose (maladie de Lyme) est une infection provoquée par des bactéries. L’Office fédéral de la santé publique estime qu’en Suisse en 2025, 13 000 personnes ont contracté cette maladie. Lorsqu’une personne est infectée, plusieurs organes peuvent être touchés, comme la peau, les articulations, le système nerveux ou le cœur. Le premier symptôme de la maladie peut être l’apparition d’une rougeur locale arrondie et qui s’étend. Cette rougeur peut apparaître sur la peau, pas obligatoirement à l’endroit où la tique a été retirée. On recommande de surveiller la peau pendant 1 mois et en cas de rougeur de consulter rapidement son médecin traitant. La borréliose est traitée par des antibiotiques. Si elle passe inaperçue ou est insuffisamment traitée, elle peut occasionner des infirmités permanentes. Il n’existe pas de vaccin contre cette maladie.
L’encéphalite à tiques (MEVE) est due au virus MEVE. L’infection passe souvent inaperçue. La maladie évolue généralement en deux phases. Des symptômes grippaux sont suivis par des troubles neurologiques (maux de tête, sensibilité à la lumière, vertiges, troubles de la concentration et de la marche). Dans de rares cas, des paralysies des bras, des jambes ou des nerfs du visage peuvent survenir et entraîner une invalidité durable. Lorsqu’elle s’accompagne de troubles neurologiques, la maladie est mortelle dans environ 1% des cas. Le nombre de cas d’encéphalite à tiques déclarés en Suisse en 2025 était de 539, dont 30 dans le canton de Fribourg.
La tularémie, plus rare en Suisse, est due à une bactérie. Les symptômes de cette maladie, comme un état grippal, fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, gonflement des ganglions ou ulcère de la peau, apparaissent généralement entre 3 et 5 jours après la morsure de tique (parfois jusqu’ à 21 jours). Une consultation chez le ou la médecin traitant-e est nécessaire afin de recevoir un traitement antibiotique. Il n’existe pas de vaccin à ce jour.
La vaccination protège contre l’encéphalite à tiques
S’il n’existe aucun traitement contre l’encéphalite à tiques, il existe un moyen efficace de s’en prémunir : la vaccination. Elle est indiquée dès l’âge de 3 ans (dès un an en cas de risque accru d’exposition aux tiques, évaluation au cas par cas par le pédiatre) et peut être débutée en tout temps. Elle comprend 3 doses pour l’immunisation de base (4 pour les personnes immuno-déficientes) avec un rappel tous les 10 ans. La vaccination est remboursée par l’assurance obligatoire des soins et exemptée de franchise. La quote-part reste inchangée. En cas de risque professionnel, la prise en charge de la vaccination doit être couverte par l’employeur. La vaccination est également recommandée aux habitant-e-s du Tessin qui séjournent temporairement dans une zone à risque.
La vaccination est possible chez le ou la médecin traitant-e et dans la plupart des pharmacies du canton de Fribourg pour les personnes d’au moins 16 ans en bonne santé (voir la liste des pharmacies du canton de Fribourg où il est possible de se faire vacciner).
zecke-tique-tick.ch (app disponible)