La consultation publique, qui s’est déroulée du 17 novembre 2025 au 16 février 2026, a suscité un vif intérêt : l’Etat a examiné et traité près de 80 prises de position émanant de communes, d’associations et d’organisations, comprenant au total près de 270 remarques. Les retours ont confirmé que l’approche stratégique et la clarté de la nouvelle structure du nouveau plan bénéficient d’un large soutien.
Quatre champs d’action principaux
Le nouveau plan ne constitue pas un simple programme d’infrastructures, mais repose sur une approche globale. Il établit une stratégie cyclable générale qui s’articule autour de quatre champs d’action principaux :
- Dans le domaine du réseau et des aménagements, il prévoit de combler les lacunes existantes et de créer des itinéraires sûrs.
- En parallèle, le stationnement et les interfaces multimodales pourront être améliorées afin de faciliter la complémentarité du vélo et des transports publics, notamment dans les gares.
- Un autre axe prioritaire concerne la promotion et la communication : des actions de sensibilisation et de formation permettront de renforcer le « réflexe vélo » au sein de la population.
- La stratégie est complétée par des mesures concernant l’entretien et la gestion des chantiers, qui doivent garantir la praticabilité des voies cyclables tout au long de l’année ainsi que des déviations sûres pendant les travaux.
Plus de pistes, plus attractif
Le nouveau plan remplace le plan sectoriel vélo de 2018 (PSV) et comporte plusieurs évolutions majeures :
- Indépendance par rapport au réseau routier : contrairement à l’ancien plan, le réseau cyclable cantonal n’est plus lié uniquement au réseau routier cantonal. Les itinéraires peuvent ainsi être déployés là où ils sont les plus attractifs, à savoir sûrs et directs, en lien avec des routes cantonales ou communales.
- Des normes plus élevées : l’accent est davantage mis sur les voies cyclables en site propre, comme le demande la loi fédérale sur les aménagements cyclables. Dans la mesure du possible, les cyclistes seront séparés physiquement du trafic motorisé et des voies piétonnes afin d’améliorer leur sécurité et leur confort et aussi la fluidité de l'ensemble du trafic.
- Un réseau pour toutes et tous, à tout âge : le canton poursuit une stratégie qui s’adresse à toutes les générations. Une attention particulière est accordée aux groupes les plus vulnérables, tels que les enfants, les jeunes et les personnes âgées, afin que le vélo constitue une véritable alternative à la voiture pour se rendre à l’école ou au travail, ainsi que pour faire ses achats.
Des objectifs ambitieux à l’horizon 2042
Afin de répondre aux exigences de la loi fédérale sur les voies cyclables et de la loi cantonale sur la mobilité (LMob), le canton a fixé dans le nouveau plan des objectifs ambitieux à l’horizon 2042. Il vise la réalisation chaque année, en moyenne, de 14 kilomètres de nouvelles routes aménagées ou de mise aux normes actuelles d'aménagements existants.
Parallèlement, le réseau cyclable cantonal pour la vie quotidienne, long d’environ 690 kilomètres, acquiert un caractère contraignant : la carte du réseau fait foi pour l’ensemble des autorités. Les communes disposent de six ans pour élaborer leur propre plan du réseau cyclable communal et le coordonner avec la planification cantonale.
Un nouveau chapitre du plan clarifie la répartition des responsabilités. L’Etat de Fribourg est ainsi responsable de la planification, de la construction et de l’entretien du réseau cyclable cantonal et en assume les coûts, les deux derniers éléments pouvant être délégués aux communes à leur demande. Lorsque les itinéraires empruntent des routes communales, il contribue pour tout ou partie des coûts en fonction des conditions locales et de la part des fonctions édilitaires.
Le plan du réseau cantonal des voies cyclables sera complété par des plans analogues consacrés au vélo de loisirs, à savoir le cyclotourisme et le VTT. Ceux-ci sont au stade de l'élaboration ou de la consultation.