L’année 2026 constitue une année importante pour la vie démocratique fribourgeoise. Après les élections communales du printemps, les citoyennes et les citoyens seront appelé-e-s à élire cet automne le Conseil d’État, le Grand Conseil ainsi que les préfets. Dans ce contexte, la Conférence des préfets a souhaité mettre en lumière le rôle joué par les préfectures dans le bon exercice des droits politiques, découlant de la loi sur l’exercice des droits politiques.
Le Préfet de la Gruyère, Vincent Bosson, a rappelé que les préfectures sont responsables du bon déroulement des votations et élections fédérales, cantonales et communales dans leur district. «Une démocratie ne peut fonctionner que si la population a une confiance absolue dans la régularité des procédures électorales et dans la fiabilité des résultats», a-t-il souligné.
Le travail des préfectures débute bien avant les journées de scrutin. Les préfets organisent des séances d’information et de formation avec les administrations communales et les bureaux électoraux afin de rappeler les règles applicables, les modalités de dépouillement, les délais légaux ou encore les procédures de transmission des résultats. Cette mission d’accompagnement est devenue particulièrement importante dans un contexte de renouvellement important du personnel communal et de complexification des procédures. «Dans le domaine des droits politiques, il n’existe pas de droit à l’erreur. Une irrégularité peut remettre en cause un résultat ou fragiliser la confiance dans les institutions», a rappelé Vincent Bosson.
Les préfectures organisent également des scrutins tests afin de vérifier le bon fonctionnement des outils informatiques et des procédures avant les élections officielles.
Durant les scrutins, les préfectures assurent une permanence continue pour répondre aux questions des communes et garantir une application uniforme des règles sur l’ensemble du canton. Après le dépouillement, elles procèdent au contrôle et à la validation des résultats avant leur transmission officielle.
Les préfets ont rappelé que leur rôle peut aussi devenir plus sensible lorsqu’apparaissent des soupçons d’irrégularités ou des contestations électorales. Durant la conférence, Manfred Raemy, le Préfet de la Singine a illustré les propos tenus par Vincent Bosson avec l’exemple récent de Guin, où l’élection au Conseil général 2026 a été annulée.
Un soupçon concernait près de 140 bulletins de vote. «Le bureau électoral a dûment assumé ses responsabilités et a été très efficace. Il a constaté une irrégularité potentielle et m’a averti. Nous sommes, en tant que préfet, garant de la régularité des élections et c’est à ce titre que j’ai déposé une plainte pénale auprès du Ministère public». Parallèlement à la procédure pénale, le Tribunal cantonal a annulé le résultat et de nouvelles élections au Conseil général devront être tenues cet automne. «Dans ce cas, le dispositif de surveillance a très bien fonctionné, de même que la séparation des pouvoirs», analyse Manfred Raemy.
La Conférence des préfets a également présenté une brochure distribuée aux élu-es communaux lors des assermentations du printemps. Présentée par le Préfet du Lac, Christoph Wieland, cette publication rappelle les principes fondamentaux du fonctionnement communal: séparation des pouvoirs, collégialité, rôles respectifs des autorités ou encore gestion des conflits.
Les préfets ont souligné que cette démarche s’inscrit dans leur volonté d’accompagner les communes tout au long de la législature, en privilégiant la prévention, le conseil et le soutien aux autorités locales.
En conclusion, Vincent Bosson a rappelé que les préfectures constituent un relais essentiel entre les communes, la population et l’État. «Notre démocratie repose sur des processus fiables, des règles respectées et des autorités locales soutenues dans leurs missions. Les préfectures sont fières de participer à ce fonctionnement démocratique, qui constitue un bien extrêmement précieux.»