Déployé progressivement dans tout le canton depuis 2022 suite à un mandat du Grand Conseil, le dispositif a permis de renforcer l’accompagnement des élèves confrontés à des difficultés éducatives et sociales. Les travailleurs sociaux et les travailleuses sociales scolaires (TSS) interviennent dans les écoles primaires et dans les Cycles d’orientation.
Rôle et nature des interventions
Les TSS contribuent à améliorer le climat scolaire, à soutenir les établissements dans la gestion de situations complexes et à renforcer les liens entre l’école et les familles. Ils et elles apportent une expertise complémentaire à celle des directions, du corps enseignant ainsi que d’autres personnes ressources à disposition des établissements (psychologue, médiateurs et médiatrices, unité mobile). Leur présence favorise également une détection plus précoce des situations à risque et une meilleure coordination des interventions.
Les principaux domaines d’intervention des TSS sont notamment les suivants :
- les conflits entre élèves ;
- la santé mentale, l'anxiété et le mal-être ;
- l'hyperconnexion et les réseaux sociaux ;
- les difficultés familiales ;
- le décrochage scolaire et l'absentéisme ;
- le harcèlement ;
- les questionnements identitaires, en particulier de genre
Entre 2022 et 2025, pour atteindre la norme de référence fixée à 1 EPT pour 750 élèves, comme mentionnée dans le mandat 2020-GC-206 du Grand Conseil, les ressources consacrées au travail social scolaire sont passées de 23,2 à 50 équivalents plein temps (EPT), permettant une extension du dispositif à l’ensemble du canton. Au 1er janvier 2027, tous les postes auront été déployés, soit l’équivalent de 54,2 EPT.
Les défis au niveau du management
Le rapport relève toutefois plusieurs défis à relever, notamment la clarification des modalités de collaboration avec d’autres personnes ressources de l’école (comment travailler efficacement dans un réseau interdisciplinaire), l’existence de divergences de positionnement au sein même du collectif des TSS, notamment en ce qui concerne le travail avec les familles (en lien avec le projet de l’élève et pour débloquer certaines situations complexes, les TSS interviennent parfois dans les familles) ou encore le taux de présence dans les établissements qui peut grandement varier (comment s’implanter durablement dans une école quand certains TSS sont à taux très partiel et engagés sur plusieurs sites). A cela s’ajoute la difficulté de dégager du temps pouvant être consacré à la prévention et la nécessité de poursuivre l’harmonisation des pratiques.
Prévention et formation continue
Afin de consolider les acquis, le rapport recommande de renforcer les actions de prévention, d’améliorer les conditions d’exercice des TSS et de développer des outils communs à l’échelle cantonale pour une plus grande cohérence des pratiques entre les établissements. Les efforts de formation continue seront poursuivis pour répondre aux demandes des TSS, en particulier dans les domaines suivants : prévention, santé mentale, gestion de la violence et du harcèlement, travail avec les familles et développement des compétences sociales et émotionnelles.
Une enquête à large échelle
Une enquête quantitative et qualitative a été menée en mars 2025 auprès de 115 directions d’école (86 francophones et 29 alémaniques), 11 inspectrices et inspecteurs (8 francophones et 3 alémaniques) et 78 TSS (59 francophones et 19 alémaniques). Sur 204 questionnaires délivrés, 175 ont été remplis, ce qui représente un taux retour significatif de 86 %.
Les résultats de l’enquête ont permis la rédaction du rapport.Le rapport a été présenté aux chefs des services de l’enseignement et à la Conseillère d’Etat, Madame Sylvie Bonvin-Sansonnens en juin 2026. Les mesures concrètes à mettre en œuvre pour améliorer ce qui doit l’être seront déterminées par les deux services concernés en collaboration avec les acteurs du terrain.