La législature 2022-2026 a débuté dans un contexte exigeant, encore marqué par les effets de la pandémie de Covid-19, auxquels se sont rapidement ajoutées les conséquences de la guerre en Ukraine. Elle s’est appuyée sur un programme structuré autour de trois axes stratégiques correspondant aux dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable, complétés par deux axes à vocation transversale : gouvernance et digitalisation.
Le programme s’inscrivait dans une vision à l’horizon 2035, avec l’ambition d’offrir aux générations futures un canton de Fribourg audacieux, innovant, prospère, harmonieux et durable. Cinq ans plus tard, le Conseil d’Etat estime avoir tenu ce cap et mis en œuvre son programme dans une démarche collégiale.
Des avancées dans les trois axes stratégiques
Dans le premier axe, consacré au développement économique et à la formation, la stratégie d’éducation numérique à l’école obligatoire a été concrétisée et la formation des enseignant-e-s regroupée sous un même toit. Dans le domaine de la formation professionnelle, la nouvelle loi crée des conditions favorables pour renforcer cette voie face aux enjeux de l’avenir, notamment en développant le bilinguisme et l’apprentissage tout au long de la vie. Le canton a également renforcé les liens entre hautes écoles, recherche et entreprises, tout en confortant son positionnement dans des secteurs à haute valeur ajoutée, comme l’illustre l’implantation de Rolex à Bulle. Dans l’agroalimentaire, il a affirmé son ambition de faire de Fribourg la référence suisse à travers la stratégie Fribourg Agri&Food et le développement de Grangeneuve Agroscope et d’AgriCo. Le public a par ailleurs retrouvé avec grand intérêt le chemin de la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU), tandis que la nouvelle stratégie touristique s’est accompagnée de records de nuitées.
Dans le domaine de la cohésion sociale, le Conseil d’Etat a anticipé les conséquences de l’évolution démographique et du vieillissement de la population en définissant la planification des soins de longue durée. Il a soumis au peuple un décret de financement de l’HFR, largement plébiscité, tandis que le nouveau centre hospitalier (projet Zenith) a franchi une nouvelle étape avec le lancement du concours. Les prestations complémentaires pour familles ont été introduites et la loi sur l’aide sociale modernisée. Les dispositifs destinés aux jeunes, aux personnes en situation de handicap et aux victimes de violences ont été renforcés.
Dans le troisième axe, consacré à la transition environnementale, le Conseil d’Etat a mis en œuvre le Plan climat et préparé sa deuxième génération, tandis que Fribourg est devenu le premier canton suisse à se doter d’une loi cantonale sur le climat. La transition énergétique a également progressé et l’offre de transports publics a été étoffée. D’autres avancées ont été réalisées en faveur de la biodiversité, des forêts et de la gestion de l’eau, des enjeux dont la canicule de l’été 2026 a rappelé toute l’importance.
Un Etat moderne au service de la population
En matière de gouvernance, la révision totale de la législation sur les communes, la réforme de la justice et la nouvelle législation sur la protection de la population ont été adoptées. Après presque 50 ans de tentatives infructueuses, le canton de Fribourg s’est en outre doté de sa première loi sur les langues officielles et la promotion du bilinguisme, permettant notamment à certaines communes de se donner à la fois le français et l’allemand comme langues officielles.
Sur le plan numérique, le développement du guichet virtuel a fortement accru le nombre de démarches accessibles en ligne. Grace à la collaboration avec l’Association des communes fribourgeoises le guichet a été mis à disposition de l’ensemble des communes du canton. La numérisation des prestations de la justice a fait un grand pas en avant, tandis que l’Etat a engagé la modernisation de son parc applicatif et renforcé la sécurité de l’information.
Au-delà des objectifs inscrits au programme gouvernemental, douze objets cantonaux ont été soumis au vote durant la législature. Le Conseil d’Etat se réjouit d’avoir obtenu le soutien de la population à dix reprises, tout en regrettant de ne pas avoir été suivi pour le désenchevêtrement des tâches entre l’Etat et les communes, ni pour la loi sur l’assainissement des finances de l’Etat
Des chantiers qui se poursuivront au-delà de 2026
La complexité croissante des dossiers a renforcé la transversalité de l’action de l’Etat et la collaboration entre les Directions. Cette évolution devrait se poursuivre au-delà de 2026, notamment avec le développement du futur pôle santé de Bertigny. Celui-ci s’annonce en effet comme un dossier majeur de la prochaine législature, tant sur le plan stratégique que financier. Cette dimension sera d’autant plus sensible que le canton continuera à faire face à des défis importants, dans un contexte marqué par la pression croissante des charges liées notamment aux subventions cantonales, à l’évolution démographique et au transfert des charges de la Confédération dans le cadre de son plan d’assainissement.
Le bilan, un document largement illustré d’une soixantaine de pages, est publié en français et en allemand. Il est diffusé uniquement sous forme électronique. Il sera également transmis au Grand Conseil.