Retour

Carnaval de Morat

Retour

Le carnaval à Morat

Carnaval de Morat
Carnaval de Morat
Carnaval de Morat © 2018 Tous droits réservés

Le carnaval se déroule dans sa forme actuelle depuis 1950, avec depuis de nombreuses petites adaptations. Il dure trois et jours et deux nuits, plus précisément du samedi après-midi à la nuit du lundi au mardi. La date n’est pas fixée en relation avec le mardi gras, dont la date varie en fonction de la date de Pâques, mais ce carnaval est fixé en règle générale au premier dimanche de mars. Selon les années, le carnaval est fêté à peu près en même temps que dans les autres régions du canton, si Pâques est tard, mais dans le cas contraire il peut aussi se dérouler plusieurs semaines après. A Morat on n’écrit pas « Fasnacht » mais bien, comme le veut la tradition, de « Fastnacht » avec un t au milieu du mot.

Le grand moment de la fête est le cortège du dimanche après-midi. Les groupes carnavalesques et leurs chars thématiques ainsi que les Guggen suivent un itinéraire fixe à travers les rues de la vieille ville remplie de spectateurs. La taille des chars est conditionnée par la possibilité de passer dans certaines ruelles et la place pour le public plafonne à 12000 personnes, affluence des éditions où la météo a été favorable.

Le cortège des enfants du samedi après-midi est suivi, le même soir, de la proclamation du carnaval. Le « Füdlibürger » (le terme a dans l’usage courant de la langue le sens de « petit bourgeois ») est mis à feu le lundi soir à la suite d’un « procès » parfaitement arbitraire, dans lequel tout ce qui a marché de travers durant les douze mois précédents représente un élément à charge. Les acteurs du carnaval sont principalement les membres groupes qui construisent des chars, les guggen qui jouent de la musique et les auteurs de couplets satiriques (les « Schnitzelbank ») avec quelques autres actifs. Sans oublier la population avec beaucoup de personnes costumées et grimées qui déambulent durant les trois jours dans une ambiance décontractée, voire débridée, d’une rue et d’un bistrot à l’autre, ou dansent aux sons des Guggen. Une certaine organisation de ce joyeux désordre est assurée par la société « Fastnachtgesellschaft Murten » (FGM) qui veille au bon déroulement de la fête dans le respect de la tradition, s’attelant à cette tâche déjà bien avant les trois jours de folie. Elle coordonne l’activité des groupes, met sur pied le cortège et s’investit dans les deux éléments récurrents, le char des princes et le char du « Füdlibürger » (qui porte toujours le numéro 13). Une « faute » commise durant les 12 mois précédent vaut à une personnalité d’être épinglée par le carnaval et de se voir promenée sur un char sous forme d’une figure de 6 mètres de haut. Le choix des organisateurs reste secret jusqu’au moment du cortège. Au passage du fameux char, les interrogations fusent car le nom n’est pas révélé : la représentation de la tête et quelques indices laissent deviner de qui il s’agit. Il arrive que la personne concernée ait assez d’humour pour grimper spontanément sur le char et se laisser railler par la foule.

Plus d'informations
A la fin du XIXe siècle, un carnaval tente à plusieurs reprises de se pérenniser. Depuis la fondation de la Société de carnaval « Fastnachtgesellschaft Murten » pour l’édition de 1950, le fonctionnement suit le même canevas, avec de mineures adaptations et quelques ajouts. La figure du bouc émissaire/ Bonhomme hiver qu’est le « Füdlibürger » (=petit bourgeois) se fixe en 1965 et remplace le « Böögg » précédemment porteur de la même fonction. La Société de carnaval est en charge de l’organisation générale, elle veille notamment au bon déroulement du bal et du cortège des enfants le samedi. Elle organise aussi la « Hilari-Feier » à mi-janvier, moment où le couple princier se voit remettre son sceptre. Les cliques se chargent de mettre l’ambiance et de jouer de la musique dans la rue. Les groupes suivants de Morat et des environs participent au carnaval, une bonne partie d’entre eux avec un groupe de Schnitzelbank :

  • Moosrugger Galmiz, depuis 1961
  • Rüebeloch-Clique, depuis 1964
  • Göggimöffezunft, depuis 1966
  • Ringmurechutze, depuis 1966
  • Zunft von de Schlossmüüs, depuis 1966
  • Glögglifrösche, depuis 1971
  • Gässliguuger, depuis 1974
  • Loubeschränzer, depuis 1983
  • Bärntortschaupizunft, depuis 1988

Le groupe lucernois Rotseehusaren d’Ebikon est l’hôte actif du carnaval de Morat depuis les années 60, donc depuis bientôt 50 ans.

Peu avant la fête paraissent des journaux carnavalesques : la « FGM-Zyttig », le « Mortebriegger » (parodie du « Murtenbieter ») ainsi que le « Tischplattesöiferi » (le « baveux » du coin de table, avec un escargot pour symbole). Les publications sont vendues au prix de CHF 3.01 (avec un rabais de quantité de 1 centime dès le premier exemplaire).

En relation

Site officiel du Carnaval de Morat

Références

Références et bibliographie

Auteur

Alain Grandjean

Traduction : Isabelle Raboud-Schüle

Actualités liées