Descriptif de la situation
Madame K., 80 ans, alcool (champagne/vin lors des repas), sans troubles cognitifs mentionnés, entourage familial présent (consommation connue mais non problématique pour eux). Marche avec une canne.
Le parcours de la bénéficiaire
- Phase 1 (EMS) : Mme K. est très sociable. Elle organise des "apéros". La gestionnaire en hôtellerie et intendance (GHI) observe une consommation excessive et qu’elle titube régulièrement dans les couloirs.
Accompagnement de la bénéficiaire
Une évaluation du rapport bénéfice-risque est nécessaire afin de déterminer les objectifs de la bénéficiaire par rapport à sa consommation. Cela n’amène pas à la nécessité de mettre en place une mesure coercitive. L'approche qui pourrait être recommandée est celle de la réduction des risques ou de la gestion contrôlée de la consommation d’alcool : accepter une consommation limitée et sécurisée plutôt que de viser l'abstinence totale non souhaitée par la résidente. L'objectif est de réduire les risques concrets (chutes, interactions médicamenteuses, déshydratation) tout en maintenant le lien de confiance.
Choisir un moment calme, en tête-à-tête, loin des repas collectifs. Utiliser une formulation ouverte et sans jugement : « J'aimerais bien qu'on puisse parler du risque de chute en lien avec la consommation d’alcool dans le but de vous aider au quotidien ». Reconnaître la dimension sociale et plaisante de la boisson, et explorer avec elle ce que représente ce moment. L'entretien motivationnel est l'approche usuelle.
Collaboration interprofessionnelle
Avec les bénéficiaires : approche motivationnelle. Avec la famille : expliquer la position professionnelle de l'établissement (ni complicité ni interdiction absolue), les risques médicaux observés (titubations, chutes), et les mesures envisagées. Proposer à la famille d'être partenaire dans la démarche (informer l'équipe des consommations lors des visites). Éviter les discours culpabilisants qui pourraient fracturer la relation famille-équipe.
Définir un contrat thérapeutique avec le ou la médecin référent-e/psychiatre, la bénéficiaire et l’équipe qui précisent : les quantités maximales acceptées, la surveillance après les événements festifs, les adaptations environnementales pour minimiser le risque de chute. Impliquer le personnel hôtelier dans l’accompagnement des mesures mises en place.
Documenter objectivement les observations cliniques (titubations constatées, chutes, etc.) indépendamment du discours familial. Présenter ces faits au ou à la représentant-e thérapeutique et/ou à la famille de manière factuelle lors d'une réunion formelle, en se positionnant en tant que professionnel-le-s de santé dont la responsabilité est la sécurité des bénéficiaires. Si la famille persiste à minimiser, mentionner la responsabilité de l'établissement (contrat d’hébergement).
Cadre institutionnel
Un outil de suivi partagé entre équipe soignante, domaine social et hôtellerie est pertinent, à condition d'obtenir le consentement éclairé de la bénéficiaire, de former toutes les personnes impliquées dans son utilisation, et de définir clairement l'usage des données (soin et sécurité, pas de but de rétorsion). Une fiche simple, (date, lieu, quantité estimée, observation comportementale) intégrée au dossier de l'établissement, est suffisante.
Cela n'offre pas une image complète si la personne consomme à l'extérieur ou via sa famille. Cette traçabilité doit être utilisée comme un outil de soin (et non de surveillance) dans le dossier et dans le respect de la confidentialité
Se référer au contrat d’hébergement de l’institution concernant la politique de consommation pour l’ensemble des bénéficiaires.Pour les bénéficiaires avec une problématique connue, une concertation préalable entre soins et hôtellerie permet d'anticiper et d'ajuster la surveillance ce jour-là. Par exemple : alcool proposé en quantités limitées et non pas resservir automatiquement, proposer de l’eau et des alternatives en continu, et identifier le personnel référent lors de chaque événement et sortie.