5 Janvier 2021 -11h57

Le Service de l’environnement a étudié les sols de plusieurs agglomérations fribourgeoises. Les résultats confirment que l’âge des jardins est bien un facteur de risque parce que les polluants s’accumulent dans les sols au fil du temps. Afin d’éviter la dissémination de matériaux terreux pollués lors de travaux de construction, une carte indicative, qui tiendra compte de l’année de construction de la parcelle, est actuellement en cours d’élaboration. En ce qui concerne les risques sanitaires, des discussions ont lieu au niveau national pour apporter une solution à la problématique des sols qui présentent des teneurs élevés en polluants.

En Suisse, plusieurs études ont montré des dépassements fréquents des valeurs limites de l’ordonnance sur la protection des sols (OSol) dans les sols urbains (jardins privés et familiaux). Afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble de la situation dans le canton de Fribourg, le Service de l’environnement a mené une campagne d’analyses dans les régions de Bulle, Estavayer et Morat en se concentrant principalement sur les parties historiques de ces villes.

L’étude a permis de confirmer que la durée d’utilisation et la proximité avec les bâtiments sont les facteurs dominants pour déterminer le risque de pollution des sols. Les métaux lourds se sont accumulés dans les jardins au fil du temps, notamment par l'utilisation d'engrais, l'épandage de cendres et la pollution atmosphérique liée aux chauffages au charbon.

Les sols des parcelles construites avant 1960 ont souvent des concentrations en métaux lourds et en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) supérieures aux valeurs limites. Dans la grande majorité des cas, seule la valeur indicative est dépassée. Les sols ne doivent pas être déplacés. Il n’y a pas de risque pour la santé. Les parcelles analysées construites après 1960 n’ont pas montré de pollution.

Eviter le transfert de sols potentiellement pollués

Afin d’éviter la dissémination de matériaux terreux pollués lors de travaux de construction, le Service de l’environnement élabore actuellement une carte indicative. Elle permettra de fixer des exigences adéquates dans le cadre des demandes de permis de construire, notamment la vérification de la qualité des matériaux qui quitteront les chantiers. Si vous entreprenez des travaux sur votre parcelle construite avant 1960, nous vous recommandons de faire des analyses de sols. Le Service de l’environnement se tient à votre disposition pour de plus amples informations.

Un appel à la Confédération pour prendre en compte le risque sanitaire

Un jardin avec des concentrations de polluants élevées peut présenter un risque pour la santé des utilisateurs notamment en cas d’ingestion de terre. Les enfants en bas âge sont particulièrement exposés. Lorsqu’ils jouent à même le sol, ils peuvent en effet absorber des quantités relativement importantes de terre par contact main-bouche.

Le canton de Fribourg a demandé à l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) qu’un financement soit mis en place pour assainir les sols des jardins privés et familiaux, des places de jeux et d’autres lieux où les enfants jouent régulièrement. En 2015, l’OFEV a démarré une réflexion en collaboration avec les cantons afin de trouver une solution à cette problématique nationale. Le Service de l’environnement participe activement aux groupes de travail mis sur pied par la Confédération.

De façon générale, on peut donc faire preuve de précaution en prenant les mesures suivantes :

  • laisser les enfants en bas âge jouer uniquement sur des surfaces densément enherbées ou protégées. En effet, les enfants sont particulièrement exposés à une pollution par des substances, car, lorsqu’ils jouent à même le sol, ils peuvent absorber des quantités relativement importantes de terre par contact main-bouche. Pour diminuer le risque d’ingestion de terre par des enfants, il est recommandé de semer/entretenir une couverture végétale dense (p. ex. gazon) et de veiller à ce qu’ils se lavent bien les mains après leur activité dans le jardin. Les surfaces revêtues ainsi que les bacs à sable ne sont pas problématiques ;
  • bien laver ou peler les fruits et légumes provenant du jardin ;
  • diversifier les sources d’approvisionnement en fruits et en légumes ;
  • préférer la culture de plantes avec une faible absorption de métaux lourds : arbres fruitiers, baies, maïs, légumes–fruits (aubergines, tomates, poivrons, concombres, courgettes, courges, etc.), ainsi que légumineuses (haricots, pois, fèves, etc.).