Saint Antoine est le protecteur des paysans et des animaux domestiques. Cet ermite est représenté avec un bâton en forme de T avec une clochette et, à ses pieds, un cochon. Lors de sa fête, de nombreux pèlerins viennent à la messe accompagnés de leurs chiens ou de leurs chevaux. Leur nombre dépend des conditions météorologiques mais il peut avoisiner les 1500 personnes et 120 chevaux. Le public ne provient pas seulement du canton de Fribourg mais également des régions voisines du canton de Berne, qui sont pourtant de tradition protestante. De plus en plus de croyants issus de la partie francophone du canton assistent également à la messe.
A la fin de la messe, le prêtre donne la bénédiction aux pèlerins et à leurs animaux. Le pain béni durant la célébration est distribué. Il se consomme accompagné de Gifferstee (Thé de Chevrilles), un mélange réchauffant composé de thé noir ou de tilleul dans lequel on a ajouté des bâtons de cannelle, des étoiles d'anis, du sucre candi et du vin rouge.
La fête se déroule dans sa forme actuelle depuis 1970. Auparavant, la messe était célébrée le jour même de la fête du saint ermite Antoine, le 17 janvier. Les anciens de la paroisse de Rechthalten-Brünisried se souviennent qu'enfants, ils avaient congé le matin pour y participer.
Josef Vonlanthen se souvient des petites figurines en bois sculpté représentant des animaux qui étaient apportées en offrande. On pouvait en acheter directement à la chapelle pour les déposer ensuite aux pieds de la statue du saint. Tout au long de l'année, des pèlerins venaient faire leurs demandes à Saint Antoine, en particulier en cas de perte d'un objet. Selon la tradition, c'est un autre saint, Saint Antoine de Padoue, qui remplit cette fonction mais la piété populaire ne s'est pas embarrassée de cette différence.
La chapelle est mentionnée depuis 1586 dans le site idyllique d'une forêt de la commune de Brünisried (paroisse de Dirlaret) et elle est dédiée à Saint Antoine l'Ermite. La construction actuelle date de 1661 mais on pense qu'il y a eu un bâtiment antérieur, peut-être même un ermitage. La statue du saint datant du XVe siècle, qui se trouvait autrefois dans la chapelle, est aujourd'hui exposée dans le chœur de l'église paroissiale de Rechthalten. L'église de Brünisried abrite une copie de cette statue, qui est apportée à la chapelle lors de la fête patronale. Il s'agit en fait de la statue de saint Jacques, qui a été transformée en saint Antoine au XVIIe siècle.
Remarques
Depuis quelques années, la localité de Sankt Antoni, dont le saint patron est également Saint Antoine l'Ermite, a également repris la tradition de la bénédiction des animaux. De nombreuses autres chapelles du district sont dédiées à Saint Antoine et des statues de ce saint paysan se trouvent encore dans d'autres édifices.
La bénédiction des animaux à la Saint-Antoine se pratique aussi à l'étranger, en Espagne notamment.
A Bossonnens, la fête de Saint-Antoine est la fête patronale. Elle est célébrée le dimanche le plus proche du 17 janvier. Des bouteilles de vin et d'eau de vie apportées par les fidèles sont bénies à la fin de la cérémonie. Elles serviront de remède pour le bétail.
Texte : Anton Jungo / Josef ZbindenTraduction : Isabelle Raboud-Schüle
Pour aller plus loin
- Informations orales de Josef Vonlanthen, né en 1946, président de la paroisse de Dirlaret de 1991 à 2001.
- Hans SCHöPFER, Jean-Pierre ANDEREGG : « Rechthalten », in: Kunstführer Sensebezirk. Beiträge zur Heimatkunde 50 (1980), p. 46.
- Die Pfarrei Rechthalten. Aspekte aus der Geschichte und Kultur. Texte d’une exposition dans l’église de Dirlaret (Rechthalten), 1-2 juin 1991.
- Anton JUNGO : „Patron der Bauern und Haustiere/Antonius ist nicht gleich Antonius“, in: Freiburger Nachrichten, 16 janvier 2006.
- Anton JUNGO : „Neues Verhältnis zum Tier ist notwendig“, in: Freiburger Nachrichten , 18 janvier 2011.
- Anton JUNGO : „Brot im kirchlichen Brauchtum“, in: Freiburger Volkskalender 104 (2012) p. 107 et ss.
- Alfons HAYOZ : „Antonius der Einsiedler“, in: Kirchenpatrone Deutschfreiburgs. Beiträge zur Heimatkunde Bd. 56(1989), p. 8 et ss.