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Un mois de juin dédié à la problématique du jeu excessif

16 Mai 2018 - 12h00

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Fribourg accueillera quelque 300 professionnel-le-s de la santé et du social pour un symposium international sur le jeu excessif du 27 au 29 juin prochain. En parallèle, le grand public est notamment invité à découvrir un " Roadshow " interactif sur la Place Python et les parents pourront s'inscrire à des ateliers de sensibilisation aux écrans. 

Face aux interfaces électroniques conçues pour être addictives, dans un contexte transnational d'internet, l'addiction aux jeux d'argent, mais aussi d'autres conduites addictives représentent un défi toujours plus important pour les politiques de santé et de prévention. Lors du Symposium international 2018, qui s'adresse aux professionnel-le-s de la santé et du social, des spécialistes du monde entier présenteront durant 3 jours des systèmes de monitoring, des approches de réduction des dommages liés aux jeux d'argent face à internet ou se pencheront sur la vulnérabilité des joueurs aux troubles psychiques et leur protection. Le prochain Petit Déjeuner de la promotion de la santé, qui s'adresse également à un public de professionnel-le-s, traitera des Jeux d'argent, endettement et santé mentale le 8 juin prochain.


Un programme pour le grand public
Le grand public aura également l'occasion de s'informer sur la problématique du jeu excessif en marge du symposium. Le samedi 16 juin, il pourra consulter librement et gratuitement des spécialistes du domaine dans les locaux de Fribourg pour tous en ville de Fribourg. Ces derniers œuvrent dans des champs d'activité du jeu excessif variés tels que la détection précoce dans l'enceinte du casino, le désendettement, le thérapeutique et le suivi psycho-social ou encore la prévention.

Au Quadrant, l'association REPER organise 3 soirées ateliers de sensibilisation à la gestion des écrans  (6, 13 et 20 juin). Les parents sont invités à découvrir et à s'enrichir de nouvelles connaissances et de réflexions sur la thématique des écrans (Internet, réseaux sociaux, jeux vidéo, …).
Enfin, du 26 au 29 juin sur la Place Python, le " Roadshow ", sorte de pavillon didactique de 36 m2 proposera des informations sur le jeu excessif, des témoignages et de petites expériences à mener et sera l'occasion de promouvoir l'application " jeu-contrôle " (outil d'aide à la gestion autonome d'un problème de jeu excessif). Deux animateurs seront présents sur place de 8h à 17h.


Une politique coordonnée
La Suisse compte aujourd'hui environ 94 500 joueurs excessifs (1.1% de la population), ce qui, ramené à la population du canton de Fribourg, fait 3 500 personnes. Selon les statistiques act-info, tant pour les jeux d'argent que pour les activités en ligne en général, les demandes de traitements sont en augmentation chaque année (elles ont doublé entre 2013 et 2016).
Le canton de Fribourg mise depuis plusieurs années sur une politique coordonnée de lutte contre le surendettement et le jeu excessif. Il fait ainsi partie du programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu. La prise en charge des personnes avec une addiction au jeu se fait notamment via le Centre cantonal d'addictologie. Par année, une vingtaine de situations y sont traitées en ambulatoire par une équipe interdisciplinaire, en intégrant également les proches, via des entretiens de famille ou de couple.

En matière de prévention du jeu excessif, les associations soutenues par le canton agissent sur plusieurs tableaux : auprès des parents, en organisant des ateliers de sensibilisation aux écrans et des soirées d'information dans les CO et auprès des jeunes dans les institutions socio-éducatives ou du secondaire II avec notamment des cours de sensibilisation au jeu excessif et à la gestion de budget (6000 jeunes touchés depuis 2011). Le canton soutient également des institutions proposant de l'aide à la gestion de budget, telles que Caritas Fribourg, Impuls (Morat) ou encore la Fédération romande des consommateurs.

Pour cerner au mieux la problématique des jeux d'argent chez les jeunes, une étude longitudinale (résultats 2017 en annexe) est menée depuis 2014 dans toutes les écoles fribourgeoises du degré secondaire II par l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive (CHUV). Les résultats finaux sont attendus en 2019 et permettront de cibler au mieux les efforts de prévention dans ce domaine.

Enfin, en matière de désendettement, le canton dispose d'un fonds qui a permis de soutenir 20 personnes ces 5 dernières années.
 

Programme du Symposium

ANNEXE
Etude longitudinale GenerationFRee, Institut universitaire de médecine sociale et préventive (CHUV) :
Principaux résultats : Rapport 2017, chiffres portant sur 2200 jeunes.
> La grande majorité des jeunes va bien ! Toutefois…
> 4,5% de joueurs sont à risque ou problématiques
> Loteries et paris = jeux les plus pratiqués
> Majorité des joueurs jouent moins de 10 frs/mois
> Environ 12% ont joué sur Internet
> 6 joueurs problématiques sur 7 sont des garçons.
> 40% des joueurs problématiques ont des amis qui jouent
> Conséquences négatives des jeux d'argent et de hasard les plus souvent rapportées sont les conflits d'argent avec les parents et les ami(e)s
> 12,9% des joueurs problématiques ont des dettes contre 7% des joueurs non problématiques
> Les joueurs problématiques sont les plus représentés dans la consommation actuelle de tabac, de cigarettes électroniques, de cannabis et d'autres drogues illicites, ainsi que dans les épisodes d'ivresse, les comportements antisociaux, la violence et l'usage excessif d'Internet

Résultats longitudinaux : 2016-2017 : Chiffres portant sur 1600 jeunes
> Augmentation générale du nombre de joueurs entre 2016 et 2017 : + 2,7%
> Augmentation du nombre de joueurs problématiques : + 2,2%
> 55% des joueurs problématiques restent à risque ou problématiques.
> Jeux d'argent sur Internet ont légèrement augmenté.

Descriptif de l'étude :
Objectif principal : mieux connaître les comportements en matière de jeux de hasard et d'argent, établir facteurs prédicteurs de risque et protecteurs, observer l'évolution sur le long terme des jeunes qui s'endettent à cause des jeux de hasard et d'argent.
Objectif secondaire : définir des groupes de jeunes à risque pour mieux cibler les politiques de prévention et amener des éléments de repérage aux professionnels, avoir un panorama global de la santé des adolescents fribourgeois et son évolution avec l'âge.
Récolte des données : questionnaire rempli durant 5 ans par les jeunes scolarisés dans écoles du degré secondaire II (collèges et écoles professionnelles).


www.generationfree.ch/

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