7 Septembre 2021 -10h31

Les jeunes de 10 à 19 ans vivant en Suisse ont accru leur activité physique et sportive entre 2014 et le début de l’année 2020. La part des jeunes faisant du sport a augmenté et les différences qui existaient entre les genres se sont réduites. Dans le même temps, les différences selon le type de commune de résidence se sont accentuées: les jeunes de la campagne font plus de sport que les jeunes des villes. Ce sont là quelques-unes des conclusions du rapport sur les enfants et les adolescents qui paraît dans le cadre de l’étude Sport Suisse 2020 menée par l’Office fédéral du sport OFSPO. Il a été présenté aujourd’hui à l’occasion d’une conférence de presse à laquelle participait la ministre des sports, Viola Amherd.

Le volume d’activité sportive pratiquée par les enfants et adolescents vivant en Suisse a nettement progressé depuis 2014. C’est ce que montre un nouveau rapport représentatif publié par l’Office fédéral du sport OFSPO qui se fonde sur les données recueillies auprès de 3400 jeunes âgés de 10 à 19 ans. La tendance à la baisse qui avait été observée entre 2008 et 2014 ne s’est donc pas confirmée. Les 10-14 ans restent plus actifs sur le plan sportif que leurs aînés de 15 à 19 ans. Au sein des deux tranches d’âge, le nombre d’heures de sport s’est toutefois lissé. Le temps total d’activité physique des enfants a augmenté tandis que près de 90% des 15-19 ans satisfont aux recommandations en matière d’activité physique actuelles formulées pour les adultes.

Recul de la part de jeunes inactifs

La part d’enfants et d’adolescents ne pratiquant aucun sport a diminué au cours de la période sous revue pour atteindre 12% chez les enfants et 18% chez les adolescents. Le manque de temps est invoqué comme principale raison à l’inactivité. Il est réjouissant de constater que plus de la moitié des non-sportifs aimeraient pratiquer (à nouveau) une activité sportive. Moins réjouissant: le groupe des adolescents peu sportifs s’est étendu.

Les filles et les jeunes femmes rattrapent leur retard

L’étude montre que les écarts en termes de pratiques physiques et sportives qui existaient entre les genres se sont réduits depuis 2014. Tant les filles que les jeunes femmes ont repris du terrain à leurs camarades masculins dans ce domaine. Malgré cela, les garçons et les jeunes hommes continuent à faire plus de sport que leurs collègues féminines, et ce toutes tranches d’âge confondues.

Les clubs sportifs et le sport scolaire comme moteurs

Les clubs sportifs ont gagné en importance dans la pratique sportive régulière chez les enfants. Parmi les 10-14 ans, ce ne sont pas moins des deux tiers qui prennent part au moins une fois par semaine à une offre proposée par un club sportif. Chez les 15-19 ans en revanche, l’engagement au sein des clubs sportifs enregistre un léger recul. La pratique d’une activité sportive libre dans un cadre informel progresse au fur et à mesure que les jeunes avancent en âge: 78% des 15-19 ans font du sport aussi en dehors d’une association. Les leçons d’éducation physique obligatoires et le sport scolaire facultatif obtiennent de bonnes notes de la part des élèves, qui y trouvent une source de motivation pour pratiquer une activité sportive en dehors de l’école. Les offres telles que les leçons en mouvement, les journées sportives et de jeu ainsi que les camps de sport scolaire contribuent également à accroître le niveau d’activité physique des enfants en âge scolaire.

Des disparités selon le type de commune, la région linguistique et l’origine sociale

Le fossé entre ville et campagne s’est creusé entre 2014 et 2020: les enfants et les adolescents vivant à la campagne sont sportivement plus actifs que ceux résidant en ville. La tendance s’inverse quand il s’agit des régions linguistiques. Si les préférences quant aux sports pratiqués varient d’une région à l’autre, la Suisse latine comble son retard par rapport à la Suisse alémanique en termes de pratique sportive générale. L’étude montre également que l’origine sociale exerce une influence sur la pratique sportive: plus la formation et le revenu des parents sont élevés, plus le volume d’activité sportive pratiquée par leurs enfants est important.

Efficacité des mesures

Lors de la conférence de presse, la conseillère fédérale Viola Amherd a souligné que les conclusions du rapport sur les enfants et adolescents confirmaient clairement l’efficacité des mesures d’encouragement engagées par la Confédération, notamment l’abaissement de l’âge minimal pour encadrer des offres Jeunesse+Sport (J+S) et le soutien financier accordé au sport scolaire facultatif. Matthias Remund, directeur de l’Office fédéral du sport OFSPO, a lui aussi estimé que la voie empruntée devait être poursuivie et entend en particulier mettre l’accent sur le développement du programme J+S: «J+S constitue un gage de qualité dans la formation sportive et il doit le rester.»

L’étude Sport Suisse 2020 s’intéressait aux habitudes et aux intérêts de la population suisse en matière de sport. Elle a été menée par l’Observatoire Suisse du Sport sur mandat de l’Office fédéral du sport OFSPO.