Deuxième d’une fratrie de quatre enfants, Ferdinand Masset naît le 23 novembre 1920 à Courtion. Catholique. Il est originaire de Bussy, dans la Broye, et de Charmey, en Gruyère. Catholique. Fernand, son père, est gendarme, sa mère Cécile, née Romanens, est maîtresse de maison. Ferdinand épousera en 1952 Gertrude Mauron, qui lui donnera deux enfants. Leur fils Claude sera député au Grand Conseil et conseiller communal de Fribourg.

Ferdinand Masset, ancien Conseiller d'Etat/alt Staatsrat, (1920)
Ferdinand Masset, ancien Conseiller d'Etat/alt Staatsrat, (1920) © Tous droits réservés
Ferdinand Masset (1920-2014), radical

Après son école primaire à Siviriez puis à Farvagny, communes où son père fonctionnaire est affecté, Ferdinand Masset entre en 1932 au Collège Saint-Michel. Il en ressort diplômé commercial quatre ans plus tard. Il commence alors un apprentissage d’employé de commerce, qu’il achève par le certificat fédéral en 1939. Mobilisé en 1940 (il a 20 ans), le jeune Ferdinand fait 1303 jours de service, au terme desquels il accède au grade de premier-lieutenant.

Employé de bureau à partir de 1944, Ferdinand Masset devient, en 1946, directeur de l’Union interprofessionnelle patronale du canton de Fribourg, plus connue sous le nom d’Union patronale, dont il est cofondateur. Il occupe ce poste clé jusqu’en 1966, tout en paufinant sa formation. Celle-ci est couronnée en 1950 par la maîtrise fédérale de comptable et en 1953 par le certificat fédéral d’aptitudes aux fonctions supérieures des administrations fiscales, fédérale et cantonale.

De 1956 à 1972, il assure le secrétariat de l’Union cantonale des arts et métiers (UCAM). De 1959 à 1976, il est encore, à mi-temps, directeur commercial et financier de Cooper SA, industrie pharmaceutique (aujour-d’hui Vifor SA) établie à Villars-sur-Glâne. Débordant d’énergie et d’imagination, il figure en 1961 parmi les fondateurs du Comptoir de Fribourg, vitrine de l’économie cantonale dont il assure le secrétariat général durant quinze ans.

Ferdinand Masset s’éveille tard à la politique, mais sa carrière se distingue par sa régularité et sa réussite. En 1961 – il a 41 ans – il est élu au Grand Conseil dans les rangs du parti libéral-radical. Il y siège trois législatures, au cours desquelles il se distingue par la pertinence de ses interventions, notamment comme auteur de deux motions déposées en 1969–1970 et débouchant sur une double création : l’Office de développement économique et le Fonds d’équipement touristique.

Dès 1962, Ferdinand Masset est élu au Conseil général de la ville de Fribourg. Tout en exerçant son mandat de député au Parlement cantonal, il passe au Conseil communal en 1966. Comme membre non permanent de ce collège, il dirige le Service social durant quatre ans, puis, durant quatre autres années, le dicastère « Culture et Tourisme ». Il oeuvre également, quatre ans durant, au sein de la Commission des finances communales, où il est très écouté en raison de son savoir-faire en la matière. Les compétences et l’efficacité de Ferdinand Masset – il parle couramment l’allemand – le désignent en 1976 comme candidat au Conseil d’Etat. Il y est élu, au deuxième tour des élections cantonales, le 5 décembre, aux côtés de son colistier radical moratois Hans Bächler. Au Gouvernement, il oeuvre durant deux législatures (1977–1986) et le préside à deux reprises : en 1981, année du demi-millénaire de l’entrée de Fribourg dans la Confédération, puis en 1985. Il a en charge la Direction des Travaux publics. Le bilan de son activité est impressionnant. Un chiffre la résume : ce sont plus d’une centaine de textes législatifs (lois et surtout décrets) qu’il présente au Grand Conseil et qu’il fait voter. Six de ces décrets, concernant le financement du réseau routier cantonal, sont soumis au peuple qui en accepte quatre et en rejette deux d’extrême justesse.

La modernisation routière d’un canton en voie de rattrapage économique se double de la construction sur son sol des autoroutes A12 et A1. Le financement de celles-ci est assuré à raison de 90% par la Confédération, mais il exige de la Direction des Travaux publics et de son chef un investissement considérable dans le suivi des opérations.

Ferdinand Masset quitte le Conseil d’Etat le 31 décembre 1986. De 1987 à 1997, il préside le Conseil d’administration de l’Union patronale, dont il sera élu président d’honneur.

De 1992 à 1997, il préside également l’Association du Comptoir de Fribourg qui, sous son égide, procède à l’étude du projet « Forum » qui ouvrira ses portes à Granges-Paccot en 1999. Au plan national, il entre à la Chambre de l’Union suisse des arts et métiers, dont le siège est à Berne et qui l’élève en 1979 au rang de membre d’honneur.

Ancien conseiller d’Etat, Ferdinand Masset est appelé à représenter l’Etat dans plusieurs instances de haut niveau. En 1991, il préside la Commission cantonale du 700e anniversaire de la Confédération. La même année, il assure également la présidence de la Commission « Action économies à l’Etat ». En outre, à divers moments, il est membre de quatre autres commissions, à savoir celles de recours en matière d’impôt, des bourses d’études, du développement économique du canton et de celle de bâtisse de la nouvelle Ecole d’ingénieurs et d’architectes.

En reconnaissance de ses mérites, Ferdinand Masset reçoit en 1991 le Prix de l’Union fribourgeoise du tourisme (UFT). Dans le domaine du sport, il préside pendant plusieurs années le Club athlétique de Fribourg (CAF), ainsi que le Fribourg Olympic Basketball-Club, dont il sera aussi président d’honneur. Au social il assure, de 1987 à 1993, la présidence cantonale de Pro Senectute. Enfin, au culturel, il participe à la création de trois institutions : le Musée du vitrail de Romont, le Trésor de la cathédrale et le Musée du Pays et Val de Charmey.

Il est décédé le 31 mars 2014.

Extrait de : "Le Conseil d’Etat fribourgeois : 1848-2011"

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