Métaux lourds dans les bijoux : les teneurs en cadmium et en plomb restent régulièrement trop élevées

14 Juin 2019 -10h31

Le Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (SAAV) observe régulièrement, lors de ses contrôles officiels, des teneurs en plomb et en cadmium qui sont au-dessus des normes légales dans les bijoux et les bijoux fantaisie, définis par la loi fédérale comme objets usuels. En moyenne, 10% des bijoux et bijoux fantaisie analysés par le SAAV s’avèrent non-conformes. En contact avec la peau, ces métaux peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé.

L'image montre une série de bagues
Bague © Tous droits réservés

Le SAAV mène, depuis 2010, des campagnes annuelles afin de détecter d’éventuels taux trop élevés de métaux lourds dans les bijoux et les bijoux fantaisie. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la mission du service : veiller, par ses inspections et analyses, à ce que les denrées alimentaires et les objets usuels ne mettent pas en danger la santé des consommateurs ou ne les trompent.

Les inspecteurs du service procèdent chaque année à des contrôles officiels par sondage dans une vingtaine de boutiques ou magasins ainsi que sur les étals des marchés. Ils utilisent en premier lieu un moyen de prélèvement non-destructif : un instrument portable qui permet d’analyser la composition des éléments à leur surface. En fonction du résultat, les objets sont saisis pour des analyses plus poussées. Lorsque le SAAV identifie des objets qui représentent un danger pour le consommateur, ils sont retirés du marché et détruits.

Le cadmium, le plomb et dans une moindre mesure le nickel sont les métaux qui posent le plus régulièrement problème. En moyenne, 10% des bijoux et bijoux fantaisie analysés par le SAAV s’avèrent non-conformes. L’Ordonnance sur les objets destinés à entrer en contact avec le corps humain fait mention d’une teneur maximale de 0,01% du poids de l’objet pour le cadmium et de 0,05% du poids de l’objet pour le plomb. Concernant le nickel, des valeurs allant de 0,2 µg à 0.5 µg par cm2 et par semaine sont autorisées. Or, les objets saisis par le SAAV présentent régulièrement des teneurs largement au-dessus de ces normes et sont contestés. Pour le cadmium, les teneurs peuvent par exemple aller de 40 à 90% du poids de l’objet.

Appliquer le principe d'autocontrôle

En contact continu avec la peau, ces métaux lourds peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé des consommatrices et des consommateurs. A des taux élevés, le cadmium peut entraîner des problèmes au niveau des reins, sur les os et le système nerveux. Le plomb peut engendrer des effets négatifs sur le cerveau ainsi que la cognition et le nickel provoquer des allergies.

En application du principe d’autocontrôle mentionné dans l’art. 26 de la loi sur les denrées alimentaires, quiconque fabrique, traite, entrepose, transporte, met sur le marché, importe ou exporte des denrées alimentaires ou des objets usuels doit veiller à ce que les exigences fixées par la loi soient respectées.

Il est ainsi possible d’entreprendre, à titre privé, des analyses sur les bijoux avant de les mettre en vente et d’assurer ainsi l’obligation légale d’autocontrôle. Afin de réduire les coûts de ces analyses, une dynamique associative est encouragée. Par ailleurs, lorsque la marchandise est achetée en Suisse, le vendeur initial de la pièce peut être considéré comme responsable si l’objet n’est pas conforme. Et ce à condition que les documents de traçabilité permettent d’identifier clairement la pièce et le vendeur. Il incombera alors à ce dernier de payer les frais relatifs à l’infraction.

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