Les dangers techniques sont des événements dont le caractère catastrophique est dû à des accidents liés aux activités humaines.

Ces dangers varient d’une région à une autre en fonction en fonction de l’activité économique. Pour le Canton de Fribourg, les dangers suivant ont été retenus:

Transports

Dangers techniques: Transport

Présentation

Le transport routier, ferroviaire ou aérien peut représenter un risque pour le canton de Fribourg.

En effet, un accident impliquant un nombre important de personnes et/ou impliquant des matières dangereuses peut se révéler à caractère catastrophique.

Dangers

En fonction du transport et de la nature de l’accident, les dangers peuvent-être :

  • Dommages aux personnes
  • Explosion, incendies
  • Intoxication
  • Contamination chimique, bactériologique ou nucléaire de la population
  • Contamination chimique des sols et des eaux

Définitions

Type de danger
Pour le transport de matières dangereuses, des panneaux doivent être apposés sur le moyen de transport. En cas d’accident impliquant de tels produits, il est important de communiquer au secours les numéros figurant sur la plaque:

Plaque d'identification de transport de matière dangereuse
Plaque d'identification de transport de matière dangereuse © Tous droits réservés - Protection de la population
Plaque d'identification de transport de matière dangereuse
Classes Définitions Exemples Risques principaux
1 Matières et objets explosibles Détonateurs, explosifs de mine, dynamite, etc. Explosivité
2 Gaz comprimés, liquéfiés ou dissous sous pression Azote, CO2, oxygène, butane, chlore, ammoniac, aérosols, etc. État gazeux
3 Matières liquides inflammables Essences, alcools, gazole, solvants, etc. Inflammabilité
4.1 Matières solides inflammables Soufre, naphtalène, etc. Inflammabilité
4.2 Matières sujettes à l’inflammation spontanée Phosphore blanc fondu, charbon actif, etc.  
4.3 Matières qui, au contact de l’eau, dégagent des gaz inflammables Sodium, carbure de calcium,  lithium, etc.  
5.1 Matières comburantes Peroxyde d’hydrogène, chlorate de potassium, engrais au nitrate d’ammonium, etc. Inflammabilité
5.2 Peroxydes organiques Hydroperoxyde de cumyle, etc.  
6.1 Matières toxiques Aniline, nitrobenzène, trichloréthène, pesticides, etc. Toxicité
6.2 Matières infectieuses Déchets d’hôpitaux, solutions contenant des micro-organismes, etc.  
7 Matières radioactives Uranium, etc. Radioactivité
8 Matières corrosives Acide chlorhydrique, soude caustique, acide sulfurique, etc. Corrosivité
9 Matières et objets dangereux divers Amiante, produits chauds (bitumes, métaux en fusion, etc.), PCB, PCT, etc. Toxicité, température, divers
0 Absence de dangers secondaires    

Exemples historiques

2015, Suisse
Six wagons en queue d'un train roulant de Bâle à Lausanne-triage ont déraillé le 25 avril à 02h47 à Daillens (VD). Le convoi transportait des substances chimiques dangereuses. L'accident, qui n'a pas fait de blessé, a fortement perturbé le réseau ferroviaire. Le tronçon Yverdon-Lausanne a été interrompu pour les grandes lignes CFF pendant plusieurs jours. La zone industrielle avoisinante a dû être évacuée. La station de pompage d'eau potable de Daillens, distante d'environ 250 m du lieu de l'accident, a été arrêtée.
Un wagon-citerne qui contenait 25 tonnes d'acide sulfurique à une concentration de 98% s'est presque totalement vidé. Un "faible déversement" a été constaté sur un autre wagon transportant 57 tonnes de soude caustique à une concentration de 50%, Le troisième wagon renversé, chargé de 52 tonnes d'acide chlorhydrique à une concentration de 37%, était "indemne, mais couché". La dernière citerne accidentée renfermait, elle, 23 tonnes de méthylènedianiline. La structure externe du wagon a été clairement endommagée, mais pas la citerne qui contenait le produit, cancérigène. À aucun moment, il n'y a eu un risque pour la population, en l'absence de formation d'un nuage toxique.
Quant aux dégâts matériels, outre ceux au matériel roulant, la voie ferrée a dû être contrôlée sur environ 300 m et en partie changée; deux aiguillages ont dû être reconstruits; deux mâts et deux jougs ont aussi été détruits; entre 10 et 15 kilomètres de câbles ont été changés; certaines armoires techniques du poste d'enclenchement de Daillens ont été "démantibulées".

2013, Suisse
Le 29 juillet, deux trains régionaux, sont entrés en collision, alors qu'ils auraient dû se croiser, à quelques dizaines de mètres de la gare de Granges-près-Marnand, sur la ligne de la Broye longitudinale. Ces deux trains transportaient quarante-six passagers.
Le conducteur du RegioExpress, un Français âgé de 24 ans, est mort sur le coup après avoir freiné au maximum. On dénombre également trente-cinq blessés dont cinq graves. Vingt-cinq d'entre eux ont été transportés dans les hôpitaux de la région.
Trente ambulances, un hélicoptère, trente-quatre médecins et infirmiers, trente-sept gendarmes et vingt-huit pompiers ont été envoyés sur les lieux.

2013, Canada
Le 6 juillet, à Lac-Mégantic au Québec, un train composé de cinq locomotives et de 72 wagons de pétrole brut léger déraille. S’en suit un embrasement et de multiples explosions qui détruisent le centre-ville et provoqué la mort de 47 personnes parmi la population de la ville.

2012, Suisse
Le 13 mars, un car, ramenant des écoliers et leurs accompagnants en Belgique, percute la paroi d’un tunnel près de Sierre. 28 personnes dont 22 enfants perdirent la vie.

1994, Suisse
Durant la nuit du 28 au 29 juin à Lausanne, 14 wagons marchandises déraillent partiellement ou totalement. Parmi ceux-ci, l'un contient 24'000 l de chlorure de thionyle (n° ONU 1836) et deux autres 47'000 l (chacun) d'épichlorhydrine (n° ONU 2023). La première citerne d'épichlorhydrine est légèrement percée ce qui provoque un écoulement.
Seules onze personnes ont été légèrement blessées durant l'intervention. Ce déraillement a provoqué une interruption totale du trafic en gare de Lausanne du mercredi 29 juin dès 2h56 au vendredi 1er juillet 1994 à 23h00 et une évacuation du quartier. Tous services confondus, l'accident a mobilisé 705 intervenants le premier jour, 850 le deuxième jour, 826 le troisième jour, 214 le quatrième et 78 le cinquième et dernier jour.

Recommandations de comportement

En cas d’accident routier ou ferroviaire, si vous en êtes témoin ou victime:

  • Donner l’alerte en téléphonant à la police (numéro 117). Préciser le lieu, la nature du moyen de transport, le nombre approximatif de victimes, la nature du sinistre et éventuellement le numéro du produit et le code danger (illustration dans définition)
  • S’il y a des victimes, ne pas les déplacer, sauf en cas d’incendie
  • Si des produits toxiques sont impliqué, quitter le lieu de l'accident selon un axe perpendiculaire ou contraire au vent, se mettre à l’abri dans un bâtiment (confinement), ou quitter rapidement la zone (éloignement), se laver à l’eau en cas d’irritation et si possible se changer. Consulter un médecin en cas d’apparition de symptômes inhabituels

Si vous êtes habitant d’une zone à risque à proximité:

  • Respecter les consignes de confinement, c’est-à-dire: boucher toutes les entrées d’air (portes, fenêtres, aérations…), arrêter la ventilation et la climatisation, supprimer toute flamme ou étincelle
  • Ne pas chercher à rejoindre les membres de sa famille s’ils sont à l’extérieur.
  • Éviter de téléphoner pour laisser les secours disposer au mieux des réseaux.
  • Allumer la radio et ne sortir qu’en fin d’alerte ou sur ordre d’évacuation

A la fin de l’alerte:

  • Aérer le local ayant été utilisé pour la mise à l’abri