13 Janvier 2021 -08h26

Le Ministère public a clos l’instruction ouverte en lien avec l’homicide découvert à Cheyres le 17 janvier 2018. Prévenu notamment d’assassinat subsidiairement de meurtre, et d’actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, subsidiairement d’atteinte à la paix des morts, l’auteur a été renvoyé devant le Tribunal pénal de l’arrondissement de la Broye, par acte d’accusation du 11 janvier 2021.

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Le mercredi 17 janvier 2018, le corps sans vie d’une jeune fille de 19 ans a été découvert à Cheyres, dans une zone marécageuse au bord du lac de Neuchâtel. La victime était ligotée et elle présentait une blessure à la tête. Le surlendemain, un jeune homme, né en 1996 et proche connaissance de la victime, a été interpellé ; il a rapidement admis être l’auteur de l’homicide.
 
L’instruction a révélé que les deux jeunes gens se connaissaient depuis l’enfance et qu’ils entretenaient une relation amicale. Le 22 novembre 2017, le prévenu avait convaincu la jeune fille de venir en train depuis Genève jusqu’à Cheyres. En vue de cette rencontre, il s’était muni d’un maillet et de serre-câbles. Le prévenu avait accueilli la jeune fille à la gare de Cheyres vers 23h15 et les jeunes gens s’étaient rendus au bord du lac de Neuchâtel. Suite à un différend d’ordre pécuniaire ou sentimental, la jeune fille avait entrepris de regagner la gare. Aussitôt, le prévenu l’avait frappée avec son maillet, puis il l’avait entravée au moyen de serre-câbles autour des poignets et des jambes (genoux et chevilles). Si le prévenu a admis ces faits, il a en revanche affirmé ne pas avoir dévêtu la victime, laquelle a toutefois été retrouvée sans pantalon, ni culotte et avec son soutien-gorge coupé net sur le devant. Le prévenu avait finalement abandonné sa victime inconsciente, mouillée et ligotée, alors que la température était comprise entre 5 à 8 degrés ; il était retourné sur place à une seule reprise, environ un mois plus tard.  

Vu l’état de décomposition du corps, l’autopsie n’a permis de déterminer avec précision ni la cause, ni le moment de sa mort. Si le coup porté par le prévenu avec le maillet semble devoir être écarté comme cause du décès, les hypothèses privilégiées sont l’hypothermie et la noyade ; celleci serait en effet survenue après que la jeune fille avait été frappée à la tête et qu’elle était demeurée dans une eau peu profonde tandis que le prévenu attachait ses membres. 

En lien avec les événements du 22 novembre 2017, l’auteur est prévenu d’assassinat subsidiairement de meurtre, de vol et d’actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, subsidiairement d’atteinte à la paix des morts. Par ailleurs, il est aussi prévenu de pornographie (pour avoir importé des images de pornographie enfantine et consulté de nombreux sites internet contenant des images et vidéos pornographiques de mineurs) 
ainsi que de délit et de contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants (vente et consommation de quantités indéterminées de marijuana et de haschisch). 
Le prévenu a été arrêté le 19 janvier 2018 et il a été maintenu en détention jusqu’à ce jour. Il fait l’objet d’un acte d’accusation du 11 janvier 2021, qui le renvoie en jugement devant le Tribunal pénal de l’arrondissement de la Broye, devant lequel le Procureur général adjoint soutiendra l’accusation. 

Le Procureur général adjoint se tient à disposition des médias pour toute question complémentaire aujourd’hui le 13 janvier 2021 entre 10h30 et 11h30 (026 305 39 39). 
 
Raphaël BOURQUIN Procureur général adjoint