Agriculture et environnement: travailler dans l'objectif du développement durable

5 Juin 2009 -10h00

La Direction des institutions, de l'agriculture et des forêts (DIAF) et la Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions (DAEC) publient un rapport sur les interactions entre agriculture et environnement dans le canton de Fribourg. Ce document fait le point sur la situation actuelle et définit les mesures à prendre. Sur les vingt-six mesures proposées, il s'agit dans la majorité de renforcer celles qui existent déjà. Ce qui signifie que la situation actuelle est globalement bonne et qu'il faut avant tout poursuivre les efforts entrepris à ce jour et les adapter au contexte actuel.

L'objectif de l'étude est d'améliorer les interactions entre agriculture et environnement. " En bonne pédagogie, il faut continuer, chez les responsables de l'environnement, à montrer ce qu'il reste à faire et, chez les responsables agricoles, à accompagner cette direction en la rendant supportable économiquement et techniquement ", écrivent les conseillers d'Etat Pascal Corminboeuf et Georges Godel, en charge respectivement de la DIAF et de la DAEC, dans l'avant-propos du rapport qui compte 144 pages.

Le Rapport agriculture et environnement 1996-2006 a été établi sur mandat de la DIAF et de la DAEC. Les responsables et collaborateurs des services directement concernés (Institut agricole de Grangeneuve, Service de l'agriculture, Service de l'environnement, Bureau de la protection de la nature et du paysage) en collaboration avec des mandataires externes ont rédigé ce document qui fait état de la situation actuelle et propose des mesures.

Principaux diagnostics
Le rapport fait le point sur l'évolution de l'agriculture et de l'environnement de ces dernières années et analyse la pratique actuelle, avec les constats suivants : accroissement de l'intérêt pour l'agriculture biologique (3% de la surface agricole utile); forte augmentation des surfaces de compensation écologique (8,7%); réseaux écologiques présents au nord et à l'est du canton; réduction des ventes de produits phytosanitaires de 20%; poursuite nécessaire de l'observation de la qualité des eaux souterraines et superficielles; doublement des volumes de stockage des lisiers; premiers résultats positifs dans la lutte contre les nitrates; réseau performant d'observation des sols et recul significatif du phosphore soluble; surveillance nécessaire de l'érosion et du tassement des sols; diminution des nuisances olfactives et de méthane, mais préoccupation à cause des dépôts d'azote, des émissions d'ammoniac et de poussières fines; baisse de certaines espèces végétales et animales (30 à 50% des espèces indigènes sont plus ou moins gravement menacées).

Vingt-six mesures
Sur les vingt-six mesures proposées, vingt-quatre sont déjà appliquées. Il s'agit dans quinze cas de les renforcer, dans quatre de les promouvoir, dans trois de les poursuivre et dans deux cas de les mettre à jour. Il n'y a que peu d'innovations par rapport à la pratique actuelle, ce qui signifie que la situation est globalement satisfaisante.

Les mesures sont les suivantes : poursuivre la bonne gestion des engrais et des produits phytosanitaires; garantir les volumes de fosse suffisants et étanches; poursuivre la protection des ressources en eau potable avec compensations financières pour les exploitations touchées; développer un concept de revitalisation des cours d'eau incluant les contraintes de l'agriculture; renforcer le projet de lutte contre l'érosion et le compactage des sols; limiter les émissions d'ammoniac (couverture des fosses, techniques d'épandage); diminuer les poussières fines (filtre à particules, moins de feu en plein air…); mettre en place un concept cantonal pour les réseaux écologiques; développer la biodiversité en relation avec les pratiques agricoles et l'économie alpestre ainsi qu'informer de façon ciblée les agriculteurs.
 

Dans sa séance du 12 mai 2009, le Conseil d'Etat a pris acte du Rapport agriculture et environnement 1996-2006. Il a demandé aux Directions et Services concernés d'élaborer des pro­positions permettant de concrétiser les mesures proposées. Dans la mesure du possible, ces mesures ne devront pas engendrer l'engagement de ressources supplémentaires.

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