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Lacs et cours d'eau
Lacs et cours d'eau © 2018 Tous droits réservés

Manque d’oxygène dans le lac de Schiffenen et dans la Sarine en aval du barrage de Schiffenen

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Lacs et cours d'eau © 2018 Tous droits réservés

12 Septembre 2018 - 08h11

Au début du mois d’août, le Service des forêts et de la faune (SFF) a été alarmé en raison de poissons morts trouvés dans la Sarine, entre le barrage de Schiffenen et la confluence avec la Singine à Laupen. Des analyses effectuées au Tierspital de Berne ont montré que les poissons sont probablement morts à cause d’un manque d’oxygène. Diverses investigations menées sur ce tronçon de la Sarine ont confirmé une teneur en oxygène insuffisante et mis en évidence la présence anormalement basse de la plupart des espèces de poissons que l’on retrouve habituellement à cet endroit. La faune s’est en effet vraisemblablement réfugiée provisoirement en aval ou dans les affluents de la Sarine. Des mesures urgentes ont été prises pour rétablir un niveau satisfaisant en oxygène. La baisse des températures devrait permettre de résoudre naturellement ce phénomène.

  1. Impact du Lac de Schiffenen

Durant cet été, une coloration brune à la surface du Lac de Schiffenen a été signalée au Service de l’environnement (SEn). Ce phénomène s'est avéré être une prolifération d'algues, la croissance explosive d'une seule espèce d'algue  que l’on trouve naturellement dans le lac et qui sont inoffensives pour la santé humaine.

Ces algues, présentes par milliards à la surface de l’eau, meurent après quelques jours et coulent au fond du lac où elles se dégradent en consommant de l’oxygène. En raison de la quantité inhabituellement élevée d’algues, la majeure partie de l’oxygène de la couche inférieure du Lac de Schiffenen a ainsi été consommée. Des mesures réalisées le 22 août 2018 ont confirmé une grave carence en oxygène (anoxie) à partir d’une profondeur de 5 mètres.

La prolifération de ces algues n’est pas liée à une pollution particulière, mais plutôt à un cumul de facteurs, en particulier la chaleur localement importante des eaux, la teneur en nutriments satisfaisante mais élevée et l’absence de brassage des eaux du lac en cette saison.

Ce phénomène d’anoxie du lac se répercute sur la Sarine, étant donné que, en condition normale d’exploitation du barrage de Schiffenen, les eaux sont prélevées à une profondeur de 15 mètres avant d’être utilisées pour la production d’électricité et déversées en aval.

  1. Mesures d’urgences

En étroite collaboration avec le SEn et le SFF, l’exploitant du barrage (Groupe E) a pris des mesures immédiates en laissant déverser une partie des eaux depuis la surface du lac mieux oxygénée (environ 12% du débit rejeté à la Sarine).

Ces mesures se poursuivront jusqu’à ce que les conditions d’oxygène dans le Lac de Schiffenen soient redevenues satisfaisantes. Elles conduisent cependant à une perte de production d’électricité importante étant donné que les eaux prises en surface ne peuvent pas être turbinées. 4 millions de m3 d’eau ont ainsi été rejetés jusqu’à la fin de la semaine dernière sans pouvoir être valorisés énergétiquement.

  1. Suite des démarches

Actuellement, la concentration en oxygène s’est stabilisée à des valeurs satisfaisantes dans la Sarine, mais elle est toutefois  mesurée plusieurs fois par jour et il est prévu d’y installer une sonde à oxygène automatique. En cas de constat de baisse de la teneur en oxygène, il sera ainsi possible de réagir rapidement afin d’éviter d’autres impacts sur le cours d’eau.

La baisse des températures attendue ces prochaines semaines devrait permettre de résoudre naturellement ce problème d’anoxie des couches profondes du lac. D’une part en raison de la régression des algues et d’autre part grâce au brassage naturel des eaux du lac qui se produit généralement en automne lorsque la température des eaux en surface diminue.

Des investigations seront entreprises afin de définir précisément les causes de ce problème et les mesures envisageables afin d’éviter qu’il ne se reproduise. Il s’agira d’une part d’évaluer et localiser les apports en nutriments et d’autre part de mieux connaître le fonctionnement du lac en lien notamment avec son exploitation pour la production d’électricité. Cela permettra de déterminer si des actions sont nécessaires afin de limiter l’apport en nutriment et d’adapter le fonctionnement du barrage durant des périodes défavorables pour la faune piscicole.

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