Crise économique: le plan d'action fribourgeois doit être réaliste

10 Février 2009 -18h00

Crise économique ? Les idées pour la combattre ou tout au moins en atténuer les effets ont fusé lundi soir à l'initiative de la Délégation du Conseil d'Etat aux affaires économiques et financières. Le gouvernement fribourgeois avait pris l'initiative de réunir une trentaine de chefs d'entreprise concernés par le chômage technique et de représentants des banques dans les locaux de l'Etablissement cantonal d'assurances des bâtiments (ECAB) à Granges-Paccot. But de cette table ronde : échanger des informations et permettre ainsi l'élaboration d'une liste de mesures envisageables. « Notre plan d'action cantonal doit être réaliste et dans la mesure de nos compétences, sinon il resterait un catalogue d'intentions », a précisé Beat Vonlanthen, directeur de l'Economie et de l'Emploi.

Entouré de Claude Lässer, président du gouvernement et responsable des Finances, et du Conseiller d’Etat Georges Godel, directeur de l’Aménagement, de l’environnement et des constructions, Beat Vonlanthen a d’abord brossé un tableau des conséquences déjà perceptibles de la crise dans notre canton. Avec 3,4%, le taux de chômage a dépassé la moyenne nationale en janvier. Les entreprises actives dans les secteurs de l’exportation, comme l’industrie des machines ou la sous-traitance pour l’automobile, sont pour une grande partie soutenues par le chômage technique. Surtout le climat général ne favorise pas la confiance des investisseurs.
 
Alors que faire ? Tout d’abord dialoguer, car dans les pistes de réflexions envisagées, il y a des actions qui sont typiquement du ressort de la Confédération, d’autres qui entrent dans les compétences du canton et, enfin, certaines qui demandent une concertation entre le niveau national et le niveau cantonal.
 
Quand les entrepreneurs fribourgeois évoquent la nécessité de contenir le franc suisse, de mieux soutenir l’exportation ou de supprimer le délai de deux jours à charge des entreprises qui optent pour le chômage technique, il est difficile pour le gouvernement fribourgeois de trouver des remèdes. Mais lorsqu’il s’agit d’accélérer la réalisation de projets liés à la promotion des énergies renouvelables, à l’économie d’énergie ou, encore, d’agir par des mesures fiscales, là, le canton est bel et bien concerné. A ce titre, le directeur des Finances a profité de l’occasion pour informer les participants à la table ronde de la décision toute récente d’abandonner avec effet immédiat la « pratique Dumont ». Une décision qui permet de plus amples déductions fiscales lors de la rénovation de bâtiments nouvellement acquis.
 
Les représentants de l’économie fribourgeoise se sont aussi inquiétés du problème des crédits d’exploitation, qualifiés de « bombe à retardement » pour des entreprises dont les mauvais résultats pourraient rendre difficile le renouvellement de ces crédits. L’étude d’un système plus ambitieux de cautionnement a été suggérée.
 
Le président de la délégation, M. Beat Vonlanthen, a annoncé en conclusion que les pistes explorées durant cette table ronde, et qui concernent la Confédération, allaient être transmises à la cheffe du Département fédéral de l’Economie Doris Leuthard. Quant au gouvernement, il dispose d’informations et d’éléments intéressants lui permettant de mieux cibler ses  futures mesures.

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