Michel Pittet, aîné d’une fratrie de quatre, naît le 10 juillet 1941 à Sâles, en Gruyère. Catholique. Son père Henri est agriculteur. Originaire de La Joux (en 2012 Vuisternens-devant-Romont). Sa mère Cécile, née Gremaud, maîtresse de maison, est gruérienne. La femme de Michel, Marie Thérèse, née Borcard, qu’il épouse en 1964, est glânoise. Elle lui donne trois enfants.

Michel Pittet, ancien Conseiller d'Etat/alt Staatsrat, (1991-2006)
Michel Pittet, ancien Conseiller d'Etat/alt Staatsrat, (1991-2006) © Tous droits réservés
Michel Pittet, (1991-2006), démocrate-chrétien

Michel Pittet accomplit son école primaire à La Joux (Glâne). Suit une année d’école régionale (agricole) à Bulle. Jusqu’à l’âge de 18 ans, il aide son père et son frère à tenir la ferme pour permettre à ce dernier de la reprendre plus tard. Mais, avide de connaissances, il décide d’entreprendre des études : formation commerciale rapide à l’Ecole Bénédict de Fribourg en 1961–1962, puis préparation en autodidacte aux examens de baccalauréat commercial du Collège Saint-Michel, qu’il obtient en 1967.

Après quoi il entre à l’Université comme auditeur, puis étudiant inscrit. Il en ressort en 1976 avec le titre de docteur en sciences économiques et sociales. Ses longues études, il les finance lui-même, faute de bourse. Il travaille successivement aux PTT (de nuit), dans une entreprise privée et surtout dans l’enseignement (Ecole Bénédict). Pour arrondir ses fins de mois, il assure aussi pendant vingt ans – secondé par son épouse – le secrétariat communal de sa commune de domicile, La Joux.

En 1973, il entre à l’Office de développement économique du canton de Fribourg, fondé en 1971. Il en est le directeur de 1985 à 1991. A ce titre, il s’occupe principalement de la politique de développement régional, de l’octroi de crédits aux régions de montagne et de la promotion économique, activité consistant à assurer à la fois l’essor des sociétés en place et l’implantation de maisons suisses et étrangères. En 1991, il est candidat au Conseil d’Etat sur la liste démocrate-chrétienne, qui compte cinq noms. Objectif : représenter le sud du canton au Gouvernement. Le 8 décembre, au deuxième tour, il est élu en tête, avec 45% des suffrages.

Le nouvel élu se voit confier, selon son voeu, la Direction de l’Economie, des Transports et de l’Energie. Il reste en poste trois législatures, soit jusqu’en 2006. Durant ces quinze ans, il préside le Conseil d’Etat à trois reprises, en 1995, 1999 et 2004.

Au bilan gouvernemental de Michel Pittet, un constat s’impose : la primauté de l’emploi. En témoigne, en 2002, un changement d’appellation : la Direction de l’Economie, des Transports et de l’Energie devient Direction de l’Economie et de l’Emploi. Il affirme en 2001, au terme de ses deux premières législatures : « Je me suis battu durant dix ans pour la sauvegarde et la création d’emplois. » Il lance un nouveau défi : « L’objectif est maintenant de contribuer à l’élévation des revenus. » Il s’agit à présent de consolider l’acquis en misant sur les branches économiques à haute valeur ajoutée, composante majeure de ce que Michel Pittet appelle « la nouvelle économie ». Celle-ci compte cinq groupes d’activités : machines, chimie, communication, promotion des opérations financières internationales, services aux entreprises.

Dans les autres secteurs de son activité, Michel Pittet fait passer devant le Grand Conseil les lois suivantes : sur les transports en 1994, sur l’énergie ainsi que sur le statut des Entreprises électriques fribourgeoises (EEF) en 2000, sur l’approvisionnement en énergie électrique en 2003 et sur la promotion économique en 2006. A quoi s’ajoute la loi de 1993 sur l’emploi et l’aide aux chômeurs, assortie de la création – nouveauté absolue – d’un Fonds cantonal de l’emploi, dont le financement est assuré par « le centime de solidarité » prélevé sur les impôts.

Au plan de la collaboration intercantonale, il préside, de 1994 à 1997, le Comité gouvernemental de l’Espace Mittelland, groupant les cantons de Berne, Fribourg, Jura, Neuchâtel et Soleure. Depuis 1992, il préside également le Conseil d’administration des EEF, devenues ensuite le groupe E. À ce poste clé, l’un des dossiers majeurs qu’il traite est celui de la fusion en 2005 avec l’ENSA (Energie neuchâteloise SA), sur quoi vient se greffer la stratégie liée à l’ouverture du marché de l’électricité en pleine expansion. Il quitte la présidence du groupe E en 2011.

Extrait de : "Le Conseil d'Etat fribourgeois : 1848-2011"

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