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Les premiers signes de reprise sont là
Vendredi 28 novembre 2003
Prévisions économiques
Les premiers signes de reprise sont là
Après le ralentissement observé ce printemps sur le marché de la construction, les projets sont de nouveau inscrits à la hausse. L'esprit d'entreprise revient, si l'on en croit le coach de Genilem, qui parle d'un «changement assez violent» depuis trois mois.
0n connaît le dicton: quand la construction va, tout va. Or les projets sont de nouveau inscrits à la hausse, après le ralentissement observé ce printemps sur le marché de la construction. Selon les dernières «Informations statistiques» de l'Etat de Fribourg, la valeur des constructions autorisées de janvier à octobre 2003 a augmenté de 20 % par rapport à la même période de l'année précédente, passant de 916 à 1 097 millions de francs.
Nouveaux logements
La croissance est particulièrement marquée en termes de nouveaux logements autorisés: toujours pour la période de janvier à octobre, ils passent de 1451 (en 2002) à 1888 (en 2003), soit une croissance de 30 %. En terme d'investissement financier, la hausse est encore plus marquée : on passe de 486 millions en 2002 à 659 millions en 2003, soit une croissance de 35 %. Cette reprise semble confirmée par une forte augmentation des nouveaux appartements mis en chantier (+ 70 %). La réalisation de ces projets devrait aboutir à une certaine détente sur le marché du logement.
Le réveil de la construction se double d'une activité soutenue dans les ventes immobilières : les registres fonciers annoncent 1828 cas de vente entre janvier et août (+ 6,3 %). La valeur des transactions a augmenté de près de 50 %, passant de 546 à 811 millions.
Autre indicateur intéressant, celui de la consommation d'énergie électrique, qui a beaucoup plus augmenté dans l'industrie (5.8 %) que dans les ménages (0.5 %) pour la période janvier à septembre. Idem pour le gaz naturel (+ 5.1 % pour l'industrie, -2 % pour les ménages).
Commerce extérieur pas encore de reprise
A fin septembre, les exportations s'élevaient à 3,3 milliards de francs (-8,6 %). En recul depuis le début de l'année, elles se sont encore affaiblies durant l'été. Ce sont essentiellement les marchés de l'horlogerie et de la bijouterie, à destination de la France et de HongKong qui ont eu de la peine à soutenir la comparaison. Les importations sont également en retrait (2,2 %).
Dans le tourisme, les résultats sont catastrophiques. Le nombre de nuitées est en baisse de 20 % par rapport à 2002, l'année de l'expo. Et par rapport à 2001, la baisse est encore de 9 %, soit une perte de 22'000 nuitées. Charmey est la seule station à pouvoir se targuer d'un chiffre de nuitées équivalent à celui de l'année passée.
Agriculture : la situation s'aggrave
L'année 2003 aura été dure pour l'agriculture fribourgeoise. Les récoltes sont nettement moindres qu'en 2002, entraînant un repli de plus de 4 % de la valeur ajoutée. Au début de l'année, les cultures ont manqué d'eau et, l'été, ont souffert de la canicule et de la sécheresse. Vers fin juin, quelques grandes laiteries suisses ont annoncé qu'il y aurait une pénurie de lait. D'une part, on avait produit et consommé davantage de crème glacée et de mozzarella, d'autre part la production laitière était en baisse en raison de la sécheresse.
Le BAK estime que la restructuration de l'agriculture n'est toujours pas achevée, et que les mesures de rationalisation et la concentration des exploitations vont se poursuivre. Pour 2004, un nouveau repli du PIB de 1,6 % est attendu.
Optimisme prudent
Directeur de la Fédération fribourgeoise des entrepreneurs, Jean?Daniel Wicht reste prudent: «Je n'aimerais pas céder à l'euphorie, j'attends pour voir». En effet, les perspectives de nouveaux mandats pour les ingénieurs civils sont plutôt à la baisse. «Les entreprises ont des carnets de commandes très courts. Les prix sont très bas, mais les pouvoirs publics n'investissent pas, ou attendent».
Directeur de la Promotion économique, Thierry Mauron est tout aussi prudent: «Chaque fin d'année, on entend dire que l'année suivante sera meilleure. On sent des frémissements, je ne peux pas vous dire s'ils sont plus forts que les autres années. On a de l'espoir, on se dit que ça va changer. Il y a pas mal de projets, mais ils ont de la peine à se concrétiser». Il note que la situation s'est améliorée depuis l'été, où il avait l'impression que l'économie s'était arrêtée. Il souligne que la structure de l'économie fribourgeoise comporte une part d'industrie plus élevée que la moyenne suisse. Une reprise des exportations pourrait donc avoir un impact très positif pour l'économie fribourgeoise.
André Uebersax, de la Chambre fribourgeoise du commerce, de l'industrie et des services n'est pas euphorique non plus: «Nous sommes prudents quant aux perspectives. La conjoncture est devenue de plus en plus volatile, et on est dans un rapport de dépendance qui est important. Le moteur de l'économie, ce sont les Etats?Unis, qui entraînent l’Allemagne, et la Suisse suit le mouvement. En termes de croissance, on est complètement dépendants de ce qui se passe autour de nous. On ne maîtrise pas l'évolution conjoncturelle nous-mêmes, la Suisse est un trop petit marché».
Edgar Jeitziner, responsable de l'État-major et du réseau de la Banque cantonale à Fribourg est plus optimiste que l'année dernière: «Nous avons l'impression qu'il y a plus d'espoir du côté des consommateurs. Il est clair que si la consommation reprend, tout le reste suit. On observe des signes très positifs d'une forte reprise en Amérique, ce qui aura des répercussions en Europe et en Suisse. Cette année, les signes qui vont dans le bon sens sont plus nombreux que l'année dernière. Du côté de la Banque cantonale, on voit un développement assez positif, avec une demande de crédits assez soutenue. Nous jugeons la marche des affaires, tant actuelle que future, assez positive». (jma)
