Navigation principale.
- Accueil SStat
- Actualités
- Le service...
- Portraits (canton, districts, communes)
- Annuaire statistique
- Tableaux
- Cartes
- Conjoncture
- Registres
- Indices des prix à la consommation
- Publications
- Bibliothèque
- Renseignements - commandes
- Liens
-
Pour en savoir plus
Navigation secondaire de Pour en savoir plus
- Observatoire fribourgeois du marché du travail (OFMT)
- Calculateur des salaires
- Généralités
- Lab
- Annuaire téléphonique
- FAQ
Des parlementaires exigent que la REMP revoie sa copie
Samedi 3 juillet 2004
Économie
Des parlementaires exigent que la REMP revoie sa copie
ZONE ÉCONOMIQUES · Une délégation d'élus fribourgeois et valaisans a démontré à la REMP que l'étude sous-jacente au redécoupage était «scientifiquement infondée».
Ron Hochuli
Le projet de nouvelles zones économiques ne repose sur rien. L'étude qui y a abouti ne vaut pas tripette, et nous l'avons démontré», assène Alain Berset. Le conseiller aux Etats était mercredi à la tête d'une délégation composée d'une dizaine de parlementaires fribourgeois et valaisans ainsi que du conseiller d'Etat Pascal Corminboeuf. Une délégation qui a rencontré à Berne Tobias Trevisan, président du conseil d'administration de la Remp (institut chargé notamment de contrôler le tirage des journaux) et René Grossenbacher, directeur de Publicom - l'entreprise zurichoise mandatée pour mener l'enquête sous-jacente au projet de nouvelles zones économiques.
«Faire basculer la Broye, la Veveyse et le Chablais valaisan dans la région lausannoise est complètement contraire à la réalité du terrain. C'est inadmissible», résume Pascal Corminboeuf. Après les lacunes soulignées par St-Paul SA à l'encontre de l'étude de Publicom et le sondage réalisé par MIS Trend (notre édition du 30 juin), les élus ont enfoncé le clou. Ils se sont appuyés sur les conclusions du Service fribourgeois de la statistique, qui pointe du doigt un certain nombre de «manquements majeurs», selon les termes d'Alain Berset.
LES FUSIONS OUBLIÉES...
Le rapport signale des erreurs méthodologiques patentes commises par Publicom, qui a largement basé son étude sur un questionnaire à 2441 syndics. Un échantillon qui ne serait pas représentatif. De plus, les spécialistes de Publicom auraient omis un élément crucial: les fusions de communes. Ainsi, en comparaison avec 1993 (année de la dernière adaptation de la carte des zones économiques), Fribourg aurait nettement perdu en importance en tant que pôle d'attraction. Publicom l'affirme en se référant au fait que la ville de Fribourg ne serait plus citée que 133 fois par les syndics en tant que «centre culturel» et 97 fois comme «lieu d'achat», alors qu'elle avait été mentionnée à 177, respectivement 138 reprises en 1993.
Or, dans l'intervalle, 69 communes ont disparu de la carte administrative de la Suisse, dont 52 dans le seul canton de Fribourg. Par conséquent, par rapport à la précédente enquête, Fribourg a perdu 52 opinions de syndics, donc autant d'occasions d'être cité comme pôle d'attraction. Dès lors, l'évolution constatée par la REMP n'en est pas une. Au contraire: «Le processus de fusion de communes constitue un signe tangible vers un renforcement de l'identité régionale fribourgeoise», note le Service de la statistique.
Plus spécifiquement aux régions «déplacées» par Publicom, la Veveyse est le district fribourgeois qui a connu la plus forte création d'emplois, ces 20 dernières années (+ 36% entre 1985 et 2001), avec un rythme de croissance qui correspond au double de la moyenne cantonale et au quadruple de la moyenne vaudoise. La Broye fribourgeoise se serait elle aussi montrée bien plus dynamique que ses voisins vaudois, relève le Service cantonal de la statistique. Il serait donc inacceptable que ces deux régions périphériques «pour lesquelles les efforts de promotion économique ont été essentiellement déployés par le canton de Fribourg, soient attribuées à la zone lausannoise.»
De surcroît, «si Publicom a pris en compte le flux des pendulaires de chaque région, ses experts ne se sont pas posé la question de savoir où ces pendulaires allaient travailler», s'étonne Alain Berset. «Constatant que la région broyarde (district d'Oron et de Moudon inclus) avait un solde de pendulaires négatif, ils se sont dit qu'une majorité d'actifs de la région travaillaient à Lausanne. Or dans les districts de la Broye fribourgeoise, de Payerne et d'Avenches, ces mouvements s'effectuent d'abord au sein même de la Broye. Fribourg, Berne et le Nord vaudois arrivent ensuite et la région lausannoise est en queue de peloton.
Forts de toutes ces constatations, les parlementaires ont demandé à la REMP de revoir sa copie. «L'entretien a été très ouvert et positif», commente Alain Berset. «Maintenant, la balle est dans leur camp. Nous leur avons demandé de nous donner une réponse détaillée d'ici au mois de septembre, faute de quoi je déposerai un postulat demandant que le mandat d'établir une carte pertinente pour le secteur des médias soit confié à l'Office fédéral de la statistique et non plus à une société privée.» La REMP courait ainsi le risque de se voir privée des subventions fédérales qu'elle touche par le biais de l'Office fédéral de la communication. «On va laisser une chance à la REMP avant d'envisager d'autres mesures», conclut Pascal Corminboeuf. Et Alain Berset de lui faire écho: «Nous ne tenons pas particulièrement à en arriver là. Mais si on ne nous laisse pas le choix...»
