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Bulle a son agglomération, ce sont les statistiques qui le disent
Régions
Bulle a son agglomération, ce sont les statistiques qui le disent
PUBLICATION
Dans l'Annuaire statistique 2003, on découvre une petite surprise. La région bulloise a été élevée au rang d'agglomération en raison du dernier recensement fédéral.
Comme la soirée des Rois de la Landwehr et tout aussi difficile à digérer, il vient agrémenter les débuts d'année. «Il», c'est l'Annuaire statistique du canton de Fribourg. La cuvée 2003 sort de presse. Parmi des centaines de tableaux, un petit nouveau a retenu notre attention: celui de la population résidante des communes de l'agglomération bulloise. Tiens, tiens! Sans qu'on s'en aperçoive, la région bulloise a été élevée au rang d'agglomération.
Cela mérite un coup de fil au Service de la statistique. Son chef Gonzague Dutoit ne saurait démentir les tableaux qu'il vient de publier. Il confirme la promotion bulloise et l'explique. Une fois les données du recensement 2000 recueillies, on a procédé à un reclassement des agglomérations et la région bulloise répondait aux critères requis (voir ci-dessous), notamment celui de dépasser les 20'000 habitants.
DE MARSENS À LE PÂQUIER
Neuf communes ont été intégrées par l'Office fédéral de la statistique à la nouvelle agglomération. Si on pouvait s'attendre à y voir La Tour-de-Trême, Vuadens, Riaz et Morlon, les autres surprendront jusqu'à leurs habitants. Il y a là Le Pâquier, Écharlens, Marsens et Vuippens - ces deux dernières ayant fusionné depuis lors. Coup de téléphone au syndic d'Écharlens Jacques Pugin: «Êtes-vous au courant que votre commune fait partie de l'agglomération bulloise?» Éclat de rire à l'autre bout du fil: «Là, vous m'apprenez quelque chose.»
Même essai à Bulle, même surprise: «Je ne saurais même pas vous dire quelles communes ont été englobées dans cette agglomération», répond le secrétaire communal Francis Seydoux. Le syndic Jean-Paul Glasson n'est pas plus au courant.
PAS DE GRANDE CONSÉQUENCE
Au-delà de la fierté, quelles répercussions peut avoir cette promotion? Pas grande conséquence à vrai dire. Statistique et politique font ménage à part. A Bulle, tous les regards sont braqués sur le projet de fusion avec La Tour-de-Trême qui portera la commune à plus de 15 000 habitants dès 2006. «Il n'y a aucune démarche officielle qui tente d'aller vers une agglomération bulloise sur le modèle de l'agglomération fribourgeoise», reconnaît Francis Seydoux.
Sur le plan fédéral, les agglomérations bénéficient d'une reconnaissance dans la Constitution. Celle-ci stipule que la Confédération «prend en considération la situation particulière des villes, des agglomérations urbaines et des régions de montagne» (art. 50, al. 3). Le Conseil fédéral s'est aussi fendu d'un rapport en 2001 sur la politique des agglomérations. Il y est question de soutien, mais les agglomérations ne peuvent guère compter sur des espèces sonnantes et trébuchantes.
IL Y A AGGLO ET AGGLO
D'un côté les statistiques, de l'autre la politique. L'Office fédéral de la statistique (OFS) a délimité l'agglomération de Fribourg selon les mêmes critères que pour Bulle. Cela va beaucoup plus loin que les dix communes et leurs plus de 70 000 habitants englobés dans l'agglo par le Conseil d'État, à savoir Belfaux, Corminboeuf, Fribourg, Givisiez, Granges- Paccot, Grolley, Guin, Marly, Tavel et Villars-sur-Glâne. Il s'agit là d'un processus politique de création d'une entité supracommunale sur la base de la loi sur les agglomérations.
Selon la délimitation de l'OFS, l'agglo fribourgeoise compte 42 communes et 95 000 habitants depuis le recensement 2000. Les habitants, entre autres, de Chevrilles, Senèdes, Rossens, Farvagny ou encore Misery-Courtion seront heureux d'apprendre qu'ils font partie de l'agglomération fribourgeoise.
L'agglo a enflé. Elle ne comptait que cinq communes (Fribourg, Givisiez, Granges-Paccot, Marly et Villars-sur-Glâne) et 38 000 habitants en 1960. Elle englobait onze communes et 56 000 habitants en 1980. Enfin, elle était formée de 27 communes et comptait 80 000 habitants en 1990.
Dans une ou deux décennies peut-être, les agglos bulloise et fribourgeoise n'en formeront plus qu'une. Celle de Fribourg est déjà intégrée dans la métropole bernoise. A noter aussi que les communes singinoises de Bösingen, Schmitten et Wünnewil-Flamatt sont comprises dans l'agglomération de la capitale fédérale.
CRITÈRES REQUIS
Cela peut ressembler à du bricolage. Mais tout est soupesé en fonction de critères scientifiques. N'est pas agglomération qui veut. L'Office fédéral de la statistique a fixé toute une série de critères pour délimiter les agglomérations. Premier d'entre eux, c'est un ensemble d'au moins 20 000 habitants, formé par la réunion des territoires de communes adjacentes. Les neuf communes - huit aujourd'hui - de la région bulloise ne remplissaient pas encore ce critère lors du recensement de 1990. Sa population a crû de 17 500 à 21 000 habitants en dix ans.
Pour qu'une commune soit rattachée à une agglomération, il faut qu'au minimum un sixième de sa population active travaille dans la zone centrale. Il faut qu'elle remplisse en sus trois des cinq conditions suivantes: lien de continuité de la zone bâtie, densité précise de population, croissance d'un pourcent de la population par an, un tiers de la population active travaillant dans la zone centrale, proportion de personnes travaillant dans le secteur primaire ne dépassant pas le double de la moyenne nationale. La Suisse compte 50 agglomérations. Fribourg est la 13e par son nombre d'habitants, Bulle la 46e. PhC
