Les fréons comprennent une large gamme de substances chimiques qui sont classées en 3 groupes selon leur composition chimique. Ainsi, on distingue les chlorofluorocarbones (CFC, p. ex. le R12), les hydrochlorofluorocarbones (HCFC, p. ex. le R22) et les hydrofluorocarbones (HFC), famille comprenant les R134a. En raison des excellentes caractéristiques physiques et chimiques de ces substances et de l’absence de toxicité pour l’homme, les fréons sont massivement utilisés dans les applications liées au froid et dans d’autres domaines comme le nettoyage industriel.
Les CFC et dans une moindre mesure les HCFC sont responsables de l’appauvrissement de la couche d’ozone. En effet, ces gaz chlorés se décomposent dans la stratosphère en divers éléments qui agissent comme catalyseur dans les réactions de destruction de l’ozone stratosphérique. Parallèlement, l’ensemble des fréons y compris les HFC (sans effet sur la couche d’ozone) participent de manière importante à un autre phénomène environnemental global, le réchauffement climatique (l’effet de serre). Le tableau ci-dessous présente un comparatif des effets de certaines substances sur la destruction de la couche d’ozone et sur leur potentiel de réchauffement climatique.

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1 Ozone Depletion Potential (ODP): Mesure relative de la capacité d’une certaine substance à détruire l’ozone stratosphérique, en comparaison avec le R11, auquel on a attribué la valeur de référence 1 (1 = valeur la plus haute).

2 Global Warming Potential (GWP): mesure relative de l’effet de réchauffement climatique que peut provoquer l’émission d’un gaz dans la troposphère, en comparaison avec le CO2, auquel on a attribué la valeur de référence 1 (1 = valeur la plus basse).

Installations frigorifiques
 
L’ORRChim, entrée en vigueur le 1er août 2005, généralise l’interdiction des CFC. Depuis 1995, cette interdiction s’appliquait déjà aux nouvelles installations. Par ailleurs, les HCFC, certes moins préjudiciables pour la couche d’ozone, mais participant de manière non négligeable au réchauffement climatique, sont aussi en sursis. Ainsi, il n’est plus possible d’installer de nouvelles machines frigorifiques avec ce type de fluide depuis le 1er janvier 2002, et l’utilisation d’HCFC sera progressivement interdite d’ici 2015. Finalement, dans le chapitre des fluides de substitution, il existe encore les HFC. Cette dernière classe de substances ne possède pas d’atomes de chlore dans sa composition ; de ce fait les HFC n’interviennent pas dans l’appauvrissement de la couche d’ozone. En revanche, leur stabilité chimique dans l’air influence de manière importante leur potentiel de gaz à effet de serre. Afin d’en minimiser les effets, chaque installation (ancienne ou nouvelle) avec plus de 3 kg de HFC doit être répertoriée, et son étanchéité doit être contrôlée régulièrement. Pour les nouvelles installations utilisant des HFC, une demande de dérogation doit être déposée par le requérant auprès du Service de l’environnement ou sur la plateforme internet PEBKA. Sur la base de cette demande, il s’agit d’évaluer si l’état de la technique ne permet pas de recourir à un fluide de substitution ménageant l’environnement. S’il n’y a pas d’alternative ou si celle-ci engendre des problèmes de sécurité (p. ex. l’ammoniac dans les centres commerciaux), une dérogation est octroyée.