Quelques conseils

Dans le domaine de l'alimentation, nos choix ont des conséquences réelles et immédiates sur l'environnement. Quelques chiffres montrent le potentiel des actions qui peuvent être réalisées.

  • En Suisse, 30% des aliments finissent à la poubelle.
  • Le transport des denrées alimentaires par avion nécessite 30 fois plus d'énergie que par camion.
  • 80% des emballages sont des emballages alimentaires, dont la majorité liée à la boisson.

Une liste de courses durable

Avec la bonne liste de courses, il est possible de réduire son impact sur l'environnement de 50%. Entre le minimum et le maximum, à chacun de choisir selon ses préférences, ses envies et ses contraintes, en n'oubliant pas les indispensables:

  • des produits locaux et de saison;
  • davantage de légumes ou de légumineuses riches en protéines et moins de viande;
  • du poisson d'élevage durable (ASC), de pêche durable (MSC) ou bio;
  • des variétés anciennes et diversifiées de fruits, légumes et céréales;
  • des légumes hors standard: gros, petits, "pas beaux";
  • des produits frais (en renonçant aux produits surgelés et congelés);
  • des produits si possible sans emballage alimentaire;
  • uniquement les quantités dont j'ai besoin…

Je choisis des produits locaux et de saison

 

En optant pour des produits de proximité, nous soutenons la fonction agricole des sols suisses, souvent en concurrence avec l’urbanisation, sans accaparer des terres dans d’autres pays qui ont également une population à nourrir.

En achetant de proximité (pertes dues au transport ou au stockage) et en limitant notre propre gaspillage alimentaire dans la cuisine, nous limitons les impacts environnementaux tout au long de la chaîne alimentaire, du champ à l’assiette.

En choisissant des produits à la fois de proximité et de saison, nous limitons l’impact lié au transport par avion de produits frais qui occasionne une charge environnementale dix fois plus importante que pour la même denrée cultivée en plein champ et à proximité.

En optant pour la proximité, nous limitons notre empreinte hydrique à l’étranger laissée par la production agricole hors de Suisse, souvent dans des pays de moindre pluviométrie que la Suisse et nécessitant de l’irrigation. En Suisse, seuls 6% des terres sont irriguées.

Je choisis des produits suisses, de culture biologique ou intégrée

En optant pour des produits issus de l’agriculture suisse (production intégrée ou biologique), nous préservons la biodiversité de nos régions. En Suisse, l’agriculture dite conventionnelle n’existe pas; l’agriculture est en production intégrée ou biologique. En effet, 98% des terres agricoles de la Suisse sont associées à des programmes agro-environnementaux et ces exploitations ont en moyenne 12% de leurs terres arables en surface de promotion de la biodiversité (SPB) dans le cadre des prestations écologiques requises (PER).

En soutenant des agricultures proches de la nature, comme l’agriculture suisse en production intégrée ou biologique, qui réduisent les intrants de synthèse et biologiques susceptibles de s’accumuler et de perturber l’environnement naturel, nous préservons la qualité des eaux ou la fertilité des sols qui nous nourrissent. En favorisant des pratiques culturales limitant les pertes d’azote (engrais, lisier, fumier), nous préservons la qualité de l’air.

Je redécouvre les variétés anciennes et diversifiées de fruits, légumes et céréales

En optant pour des variétés anciennes et diversifiées (fruits, légumes, céréales) et des races animales multiples, nous préservons la diversité génétique. Actuellement, 90% de l’alimentation de l’humanité repose sur seulement 30 variétés végétales. L’exigence des consommateurs et des distributeurs et la sélection agricole a conduit à une réduction considérable de la diversité génétique des espèces utilisées dans le monde. Des agro-écosystèmes diversifiés sont notre assurance-vie génétique permettant l’adaptation aux changements climatiques et aux ennemis des cultures, élément essentiel de notre patrimoine culturel.

En optant pour l’achat de variétés de fruits, céréales et légumes qui ont une certaine tolérance aux ennemis des cultures (insectes et maladies), l’agriculteur diminuera l’utilisation de produits phytosanitaires (PI ou Bio) et donc les risques de contamination des eaux, des sols et de l’air diminueront. Actuellement, en Suisse, ± 340 matières actives (PI et Bio) sont utilisées pour contrôler les populations d’ennemis des cultures. L’Office fédérale de l’agriculture met à jour mensuellement la liste des matières actives homologuées, ces dernières années ± 150 produits ont été retirés. Le but de ces retraits est la diminution des risques et/ou l’homologation de matières actives avec un profil environnemental plus favorable.

J’achète du poisson d’élevage durable ASC, de pêche durable MSC ou bio

En choisissant les produits de la pêche durable, nous soutenons une gestion plus durable des ressources de la mer, source de protéines pour l’humanité. Dans les mers, un tiers des espèces de poisson sont pêchées à des niveaux biologiquement non viables.

Je réduis ma consommation de viande (en quantité et/ou en nombre de menus carnés par semaine)

En consommant la viande avec modération en plafonnant les quantités aux recommandations nutritionnelles (2 à 3 portions de 100g à 120g par semaine - y compris volaille et charcuterie), nous diminuons de 20% à 40% l’impact de notre alimentation sur l’environnement.

L’impact de la viande est essentiellement dû à l’importation massive de fourrages, comme le tourteau de soja du Brésil, culture en forte expansion et cause majeure de déforestation et d’émissions de gaz à effet de serre. Un tiers des terres cultivables dans le monde sont affectées à la production de fourrage pour les animaux, alors qu’elles pourraient servir directement l’alimentation humaine. La consommation mondiale de viande a doublé en 20 ans et en moyenne, une calorie d’origine animale nécessite trois fois plus d’énergie grise qu’une calorie végétale.

En augmentant notre consommation de légumineuses (apport de protéines), nous avons un régime alimentaire bénéfique pour l’environnement car la production de légumineuses fixe l’azote atmosphérique dans le sol. Cela permet de réduire les intrants de synthèse et biologiques, importants consommateurs d’énergie fossile et émetteurs de gaz à effet de serre.

Manger moins, manger mieux !

Il est préférable pour l'environnement de consommer de la viande provenant de Suisse. Mais il n'y a pas suffisamment de pièces nobles (filet, entrecôte) pour répondre à la demande des consommateurs. Pour ne pas devoir importer de la viande, n'oubliez pas d'acheter et de cuisiner également les morceaux à braiser et à rôtir (par exemple bouilli, jarret, poitrine).

Je bois l'eau du robinet

En achetant en vrac et avec son panier, nous contribuons à éviter les déchets dus aux emballages à un seul usage. 80% des emballages des ménages sont des emballages alimentaires, dont une partie liée à la boisson.

En buvant l’eau du robinet, nous réduisons considérablement nos emballages (bouteilles).

J’achète et je cuisine les quantités dont j’ai besoin

En achetant les bonnes quantité, en cuisinant les bonnes portions, en évaluant les produits au-delà de certaines dates de péremption, en conservant correctement les restes et en les accommodant, nous réduisons le gaspillage alimentaire des ménages. En Suisse, 30% de notre poubelle est composée de déchets alimentaires.

En achetant de proximité (pertes dues au transport ou au stockage) et en limitant notre propre gaspillage alimentaire dans la cuisine, nous limitons les impacts environnementaux tout au long de la chaîne alimentaire, du champ à l’assiette.

J’achète des légumes hors standard: gros, petits, «pas beaux»